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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 09:14

C'est un ruisselet qui chemine

Entre les glais

Sous le troëne et l'églantine ;

Il va du pied de la colline

Jusqu'au marais.

 

Son flot clair et léger déferle

Sur le granit

Et son onde retombe en perles.

Au chant des pinsons et des merles

Sa voix s'unit.

 

Autour de mon bras l'eau se plisse

Et fait un rond

Quand je recherche l'écrevisse

Sous le vieux bouleau que tapisse

Le liseron.

 

Quand de ses dents blanches ma mie

Fera craquer

Une carapace rougie,

Le soir à la table fleurie

D'un gros bouquet,

 

Dans sa prunelle cristalline

Je reverrai

Le petit ruisseau qui chemine

Plein de rayons, sous l'églantine

Au cœur doré.

 

 

Henri Trillaud

(1882-1922)

 

Cotlequin, 26 Mai 1919

 

 

 

Pour cette rentrée, voici à nouveau un poème d'Henri Trillaud, après  L'enfant aux bluets, début juillet.

Henri Trillaud (1882-1922) était instituteur dans la Vienne.

Le ruisseau de Cotlequin provient du même recueil, Sur la Vonne, publié par les Éditions "Aujourd'hui", Collection des Primaires, en 1923.

On disait aussi Coetloquin ou Coetlequin, comme on le voit sur la carte de la fin du 19e siècle (merci à Géoportail). Il y avait un moulin.


Cotlequin--Carte-19e-siecle--Geoportail.JPG

Aujourd'hui on écrit Cotelequin. C'est un lieu-dit situé à l'Ouest de Vivonne.

 

Cotlequin--Carte-IGN.JPG

Le ruisseau se jette dans la Vonne. Y a-t-il encore des écrevisses ?

Le poème est dédié au peintre Henri Pailler, qu'Henri Trillaud avait connu à Poitiers.

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