Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 17:07

Chat-qui-peche--Bordeaux.jpg

Repost 0
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 11:29

Nous aimons les chats.

Naguère (ou jadis : c'était en mai 2005), nous avons fait à la BMV la "Semaine des chats de bibliothèque", avec la participation des enfants des écoles. Leurs travaux nous réjouissaient tous. Voyez :

Chats de bibliothèque, 1, BC

Chats de bibliothèque, 2, BC

Chats-de-bibliotheque--3--BC.jpg

Chats de bibliothèque, 4, BC

Chats de bibliothèque, 5, BC

Et puis il y a Jaguare, notre voisine place Balzac, de l'autre côté de la fontaine. (La fontaine a disparu, maintenant il y a des voitures.) Elle se promène autour de la place avec son maître, et il viennent quelquefois tous les deux. Elle est toute noire (un peu mitée, à dire vrai), d'où son nom, mais il faut ajouter un e, car c'est une fille. Elle est très gentille.

Jaguare 1, 24 oct 12, BC

Jaguare 2, 24 oct 12, BC

Ce blog a souvent montré notre attachement. Voyez ici un avatar du Chat Botté, ou , le chat d'Apollinaire, "passant parmi les livres", avec le bois de Dufy. Sur le billet d'octobre 2012, avec le Chat Botté, on peut voir le bulletin des lecteurs "Quoi de neuf à la Bibliothèque" : c'est un chat curieux qui veut tout lire.

Sur Internet, les chats lecteurs ne manquent pas. Voyez le magazine Humour de Paperblog, ou les belles images du "Bestiario veneziano" de la Galerie Bordas de Venise. 

Bernard

 

 

Repost 0
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 16:39

 

chat--a--Vandrezane--Paris-13e--sept-10-.jpg

Repost 0
14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 09:21

Comme toutes les bibliothèques, la Bibliothèque de Vouvray a, parmi les "documentaires", une section appelée "Fonds Régional" (cote FR, quelquefois H). Bien des livres sont encore dans les cartons, faute de disponibilité des bibliothécaires : c'est là qu'un bibliothécaire professionnel serait utile, pour nous donner du temps et permettre d'avoir le recul indispensable !

Il y a inévitablement des livres sur les châteaux, sur le Val de Loire (inscrit, vous le savez, au patrimoine mondial par l'UNESCO) et quelques documents sur Vouvray. Nous avons, bien sûr, le livre de Josette François sur Vouvray avant Balzac, précieux travail de démographie historique. Il y a aussi l'étude d'Alain Lecomte : Charles Vavasseur (1867 - 1950) : leader de la droite tourangelle d'une guerre à l'autre, sur l'homme  qui fut maire de la commune de 1909 à 1944.

Une seule monographie sur Vouvray même, l'étude de Chauvigné. Elle date de 1909, mais nous avons un facsimilé (Lafitte Reprints) de 1974. Ceux qui ne le connaissaient pas y apprennent le mot ampélopsie qui concerne la culture de la vigne. C'est le sujet principal du livre qui en fournit un tableau complet après la crise du phylloxéra et avant l'introduction de la méthode dite "traditionnelle".

Il y a beaucoup d'autres choses à la BMV et le patrimoine on le trouve aussi ailleurs. Il suffit d'ouvrir les yeux.

Par exemple, ne manquez pas de regarder (en cliquant ici) les "Cartes postales de Touraine" présentées par le Conseil Général. Il y en a actuellement rien que 185 pour Vouvray…

Les chanceux ont pu voir l'exposition présentée en juin dans la salle Lilas de Val ès Fleurs. Une exposition qui n'a duré que 4 jours ! Quand on pense à tout le travail qu'elle supposait et auquel Pierre Gicquel avait consacré plusieurs semaines. Ce membre du Conseil municipal est soucieux de la sauvegarde du patrimoine, notamment industriel. L'exposition, elle-même témoignage précieux, ne peut pas être perdue. Il faudrait la péréniser.

expo--IMG_7483.JPG

 

expo--IMG_7484.JPG

 

expo--IMG_7491.JPG

Une présentation simple et efficace du patrimoine de la commune.

Gaudissart, Chappe, Charles Bordes n'étaient pas oubliés.

On voyait les bâtiments en train d'apparaître (le groupe scolaire) ou bien malheureusement perdus (l'édifice de Justice de Paix, à côté de l'église).

Certains injustement ignorés et ne devant leur survie qu'à une attitude volontariste.


Barrage sur la cisse

Nous pensons aussi à ceux qui sont menacés et qui malheureusement risquent de disparaître.

Des photographies, des cartes postales, des plans, des articles de journaux, des textes administratifs anciens bien calligraphiés.

Un exemple, au sujet du bac de Montlouis qui permettait de traverser le fleuve et de venir à Vouvray : un texte de 1842, provenant des Archives Départementales, montre que le passeur, souvent ivre, confiait le travail (pourtant pénible et périlleux) à sa femme ou à un enfant. Quel merveilleux témoignage du passé !

Autre exemple, quelle surprise de voir la place d'Holnon plantée de jeunes arbres, si frêles,


place-d-Holnon--1915.jpg

là où nous avons aujourd'hui d'imposants platanes !

Ouvrez les yeux, le patrimoine vous attend.


Hôtel des tramways

Repost 0
31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 08:26

 

LiVOU-2-8158.JPG

 

 

 

[Nuages vus d'avion, au loin la Finlande, 31 juillet 2012, photo BC]

Repost 0
20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 13:14

 

Constable--clouds--Volpe--d.jpg

 

 

 

 

[John Constable, Etude de nuages, 28 juillet 1822, The Frick Collection, New York. Voir d'autres oeuvres du peintre présentées en 2006 par la National Gallery of Autralia (Canberra) dans le cadre de l'exposition : "Constable:impressions of land, sea and sky".]

Repost 0
30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 21:13

LiVOU-2-7550.JPG

 

LiVOU-2-7557.JPG

 

LiVOU-2-7567.JPG

 

LiVOU-2-7568.JPG

 

LiVOU-2 7585

Repost 0
30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 20:28

Une femme et son mari désirent plus que tout avoir un enfant. Ils vivent près d'un somptueux jardin, protégé par un grand mur, appartenant à une sorcière. La femme est prise d'une très forte envie de manger de la raiponce, et son mari s'introduit dans le jardin, qui en contient beaucoup, pour lui en cueillir.

Après lui avoir apporté plusieurs fois de cette plante qu'elle adore, l'homme se retrouve face à la sorcière qui règne sur le jardin. Comme la sorcière veut le punir, il lui explique la situation. Elle se montre compréhensive, lui permet de prendre autant de raiponce qu'il le peut, mais à la condition qu'il accepte de lui apporter plus tard l'enfant que sa femme lui aura donné. La sorcière promet au futur père qu'elle s'occupera bien de l'enfant. Il est forcé d'accepter.

La femme accouche d'une fille, et la sorcière apparaît pour l'emporter, lui donnant le nom de « Raiponce ». Raiponce grandit et devient une fille d'une très grande beauté, dont les longs cheveux dorés sont réunis en deux tresses longues et soyeuses.

Lorsque Raiponce atteint l'âge de douze ans, la sorcière l'enferme au sommet d'une haute tour, qui n'a ni escalier ni porte, rien qu'une petite fenêtre. Lorsque la sorcière veut entrer, elle dit à Raiponce : « Raiponce, Raiponce, lance-moi ta chevelure ». Raiponce défait alors ses nattes, les déroule à travers la fenêtre et les laisse tomber le long du mur, pour que la sorcière puisse grimper en s'y suspendant.

Un jour, un prince qui passe par là entend Raiponce chanter et est envoûté par le son de sa voix. Ne pouvant pénétrer dans la tour, il s'en approche cependant chaque jour pour l'écouter.

Voyant un jour, caché, comment la sorcière parvient à entrer dans la tour, il décide de tenter sa chance la nuit. Lorsqu'il entre enfin dans la tour, Raiponce est effrayée par l'apparition de cet inconnu, mais le prince parvient à la rassurer et lui dit qu'il est amoureux d'elle. Confiante en son amour et prête à quitter cet endroit, elle décide de partir avec lui. Elle lui demande alors d'apporter de la soie, comptant s'en servir pour pouvoir elle aussi descendre au pied de la tour.

Mais un jour, Raiponce parle accidentellement à la sorcière des visites du prince. Furieuse, la sorcière la punit en lui coupant les cheveux et en l'abandonnant dans le désert. Elle attache ensuite les cheveux coupés à la fenêtre pour tromper le prince lorsqu'il appellera Raiponce. Lorsque ce dernier escalade la tour, la sorcière lui annonce qu'il ne reverra jamais la jeune fille, puis sectionne la corde de cheveux. Le prince dégringole dans un buisson de ronces et y perd la vue (dans une autre version, le prince tombe dans un buisson de roses qui lui crèvent les yeux). Il se met à errer aveugle pendant des années, pleurant sa bien-aimée. Il finit par arriver dans le désert où vit désormais Raiponce.

Il reconnaît sa voix et s'approche d'elle. Raiponce le reconnaît aussi et vient pleurer, suspendue à son cou. Ses larmes coulent dans les yeux du prince qui recouvre aussitôt la vue. Le prince amène Raiponce dans son royaume et ils y vivent heureux, avec plus ou moins d'enfants selon les versions.

 

 

[D'après le conte Rapunzel des Frères Grimm. Voir aussi Petrosinella et Persinette.]

Repost 0
30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 20:15

Es war einmal ein Mann und eine Frau, die hatten sich schon lange ein Kind gewünscht und nie eins bekommen, endlich aber ward die Frau guter Hoffnung. Diese Leute hatten in ihrem Hinterhaus ein kleines Fenster, daraus konnten sie in den Garten einer Fee sehen, der voll von Blumen und Kräutern stand, allerlei Art, keiner aber durfte es wagen, in den Garten hineinzugehen. Eines Tages stand die Frau an diesem Fenster und sah hinab, da erblickte sie wunderschöne Rapunzeln auf einem Beet und wurde so lüstern darnach, und wußte doch, daß sie keine davon bekommen konnte, daß sie ganz abfiel und elend wurde. Ihr Mann erschrack endlich und fragte nach der Ursache; „ach wenn ich keine von den Rapunzeln aus dem Garten hinter unserm Haus zu essen kriege, so muß ich sterben.“ Der Mann, welcher sie gar lieb hatte, dachte, es mag kosten was es will, so willst du ihr doch welche schaffen, stieg eines Abends über die hohe Mauer und stach in aller Eile eine Hand voll Rapunzeln aus, die er seiner Frau brachte. Die Frau machte sich sogleich Salat daraus, und aß sie in vollem Heißhunger auf. Sie hatten ihr aber so gut, so gut geschmeckt, daß sie den andern Tag noch dreimal soviel Lust bekam. Der Mann sah wohl, daß keine Ruh wäre, also stieg er noch einmal in den Garten, allein er erschrack gewaltig, als die Fee darin stand und ihn heftig schalt, daß er es wage in ihren Garten zu kommen und daraus zu stehlen. Er entschuldigte sich, so gut er konnte, mit der Schwangerschaft seiner Frau, und wie gefährlich es sey, ihr dann etwas abzuschlagen, endlich sprach die Fee: „ich will mich zufrieden geben und dir selbst gestatten Rapunzeln mitzunehmen, so viel du willst, wofern du mir das Kind geben wirst, womit deine Frau jetzo geht.“ In der Angst sagte der Mann alles zu, und als die Frau in Wochen kam, erschien die Fee sogleich, nannte das kleine Mädchen Rapunzel und nahm es mit sich fort.

Dieses Rapunzel wurde das schönste Kind unter der Sonne, wie es aber zwölf Jahr alt war, so schloß es die Fee in einen hohen hohen Thurm, der hatte weder Thür noch Treppe, nur bloß ganz oben war ein kleines Fensterchen. Wenn nun die Fee hinein wollte, so stand sie unten und rief:

 

„Rapunzel, Rapunzel!
laß mir dein Haar herunter.“

 

Rapunzel hatte aber prächtige Haare, fein wie gesponnen Gold, und wenn die Fee so rief, so band sie sie los, wickelte sie oben um einen Fensterhaken und dann fielen die Haare zwanzig Ellen tief hinunter und die Fee stieg daran hinauf.

Eines Tages kam nun ein junger Königssohn durch den Wald, wo der Thurm stand, sah das schöne Rapunzel oben am Fenster stehen und hörte sie mit so süßer Stimme singen, daß er sich ganz in sie verliebte. Da aber keine Thüre im Thurm war und keine Leiter so hoch reichen konnte, so gerieth er in Verzweiflung, doch ging er alle Tage in den Wald hin, bis er einstmals die Fee kommen sah, die sprach:

 

„Rapunzel, Rapunzel!
laß dein Haar herunter.“

 

Darauf sah er wohl, auf welcher Leiter man in den Thurm kommen konnte. Er hatte sich aber die Worte wohl gemerkt, die man sprechen mußte, und des andern Tages, als es dunkel war, ging er an den Thurm und sprach hinauf:

 

Rapunzel, Rapunzel,
laß dein Haar herunter!

 

da ließ sie die Haare los, und wie sie unten waren, machte er sich daran fest und wurde hinaufgezogen.

Rapunzel erschrack nun anfangs, bald aber gefiel ihr der junge König so gut, daß sie mit ihm verabredete, er solle alle Tage kommen und hinaufgezogen werden. So lebten sie lustig und in Freuden eine geraume Zeit, und die Fee kam nicht dahinter, bis eines Tages das Rapunzel anfing und zu ihr sagte: „sag’ sie mir doch Frau Gothel, meine Kleiderchen werden mir so eng und wollen nicht mehr passen.“ Ach du gottloses Kind, sprach die Fee, was muß ich von dir hören, und sie merkte gleich, wie sie betrogen wäre, und war ganz aufgebracht. Da nahm sie die schönen Haare Rapunzels, schlug sie ein paar Mal um ihre linke Hand, griff eine Scheere mit der rechten und ritsch, ritsch, waren sie abgeschnitten. Darauf verwieß sie Rapunzel in eine Wüstenei, wo es ihr sehr kümmerlich erging und sie nach Verlauf einiger Zeit Zwillinge, einen Knaben und ein Mädchen gebar.

Denselben Tag aber, wo sie Rapunzel verstoßen hatte, machte die Fee Abends die abgeschnittenen Haare oben am Haken fest, und als der Königssohn kam:

 

Rapunzel, Rapunzel,
laß dein Haar herunter!

 

so ließ sie zwar die Haare nieder, allein wie erstaunte der Prinz, als er statt seines geliebten Rapunzels die Fee oben fand. „Weißt du was, sprach die erzürnte Fee, Rapunzel ist für dich Bösewicht auf immer verloren!“

Da wurde der Königssohn ganz verzweifelnd, und stürzte sich gleich den Thurm hinab, das Leben brachte er davon, aber die beiden Augen hatte er sich ausgefallen, traurig irrte er im Wald herum, aß nichts als Gras und Wurzeln, und that nichts als weinen. Einige Jahre nachher geräth er in jene Wüstenei, wo Rapunzel kümmerlich mit ihren Kindern lebte, ihre Stimme däuchte ihm so bekannt, in demselben Augenblick erkannte sie ihn auch und fällt ihm um den Hals. Zwei von ihren Thränen fallen in seine Augen, da werden sie wieder klar, und er kann damit sehen, wie sonst.

 

 

 

Jacob und Wilhelm Grimm

Kinder- und Hausmärchen

1812

Repost 0
30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 20:03

Deux jeunes amants s'étaient mariés ensemble après une longue poursuite de leurs amours: rien n'était égal à leur ardeur, ils vivaient contents et heureux, quand pour combler leur félicité, la jeune épouse se trouva grosse, et ce fut une grande joie dans ce petit ménage : ils souhaitaient fort un enfant, leur désir se trouvait accompli.

Il y avait dans leur voisinage une fée, qui surtout était curieuse d'avoir un beau jardin; on y voyait avec abondance de toutes sortes de fruits, de plantes et de fleurs.

En ce temps-là, le persil était fort rare dans ces contrées ; la fée en avait fait apporter des Indes, et on n'en eût su trouver dans tout le pays que dans son jardin.

La nouvelle épouse eut une grande envie d'en manger, et comme elle savait bien qu'il était malaisé de la satisfaire, parce que personne n'entrait dans ce jardin, elle tomba dans un chagrin qui la rendit même méconnaissable aux yeux de son époux. Il la tourmenta pour savoir la cause de ce changement prodigieux qui paraissait dans son esprit, aussi bien que sur son corps, et après lui avoir trop résisté, sa femme lui avoua enfin qu'elle voudrait bien manger du persil. Le mari soupira et se troubla pour une envie si malaisée à satisfaire; néanmoins, comme rien ne paraît difficile en amour, il allait jour et nuit autour des murs de ce jardin pour tâcher d'y monter, mais ils étaient d'une hauteur qui rendait la chose impossible.

Enfin, un soir, il aperçut une des portes du jardin ouverte. Il s'y glissa doucement, et il fut si heureux qu'il prit à la hâte une poignée de persil. Il ressortit comme il était entré, et porta son vol à sa femme qui le mangea avec avidité, et qui, deux jours après, se trouva plus pressée que jamais de l'envie d'en remanger encore.

Il fallait que, dans ce temps-là, le persil fût d'un goût excellent.

Le pauvre mari retourna ensuite plusieurs fois inutilement. Mais enfin sa persévérance fut récompensée, il trouva encore la porte du jardin ouverte. Il y entra, et fut bien surpris d'apercevoir la fée elle-même, qui le gronda fort de la hardiesse qu'il avait eue de venir ainsi dans un lieu dont l'entrée n'était permise à qui que ce fût. Le bonhomme confus se mit à genoux, lui demanda pardon, et lui dit que sa femme se mourait si elle ne mangeait pas un peu de persil; qu'elle était grosse, et que cette envie était bien pardonnable. «Eh bien, lui dit la fée, je vous donnerai du persil tout autant que vous en voudrez, si vous me voulez donner l'enfant dont votre femme accouchera.»

Le mari, après une courte délibération, le promit; il prit du persil autant qu'il en voulut.

Quand le temps de l'accouchement fut arrivé, la fée se rendit près de la mère, qui mit au monde une fille, à qui la fée donna le nom de Persinette; elle la reçut dans des langes de toile d'or, et lui arrosa le visage d'une eau précieuse qu'elle avait dans un vase de cristal, qui la rendit, au moment même, la plus belle créature du monde.

Après ces cérémonies de beauté, la fée prit la petite Persinette, l'emporta chez elle, et la fit élever avec tous les soins imaginables: ce fut une merveille, avant qu'elle eût atteint sa douzième année, et comme la fée connaissait sa fatalité, elle résolut de la dérober à ses destinées.

Pour cet effet, elle éleva, par le moyen de ses charmes, une tour d'argent au milieu d'une forêt. Cette mystérieuse tour n'avait point de porte pour y entrer; il y avait de grands et beaux appartements aussi éclairés que si la lumière du soleil y fût entrée, et qui recevaient le jour par le feu des escarboucles dont toutes ces chambres brillaient. Tout ce qui était nécessaire à la vie s'y trouvait splendidement; toutes les raretés étaient ramassées dans ce lieu. Persinette n'avait qu'à ouvrir les tiroirs de ses cabinets, elle les trouvait pleins des plus beaux bijoux; ses garde-robes étaient magnifiques, autant que celles des reines d'Asie; et il n'y avait pas une mode qu'elle ne fût la première à avoir. Elle était seule dans ce beau séjour, où elle n'avait rien à désirer que de la compagnie; à cela près, tous ses désirs étaient prévenus et satisfaits.

Il est inutile de dire qu'à tous ses repas, les mets les plus délicats faisaient sa nourriture; mais j'assurerai que, comme elle ne connaissait que la fée, elle ne s'ennuyait point dans sa solitude; elle lisait, elle peignait, elle jouait des instruments et s'amusait à toutes ces choses qu'une fille qui a été parfaitement élevée n'ignore point.

La fée lui ordonna de coucher au haut de la tour, où il y avait une seule fenêtre; et après l'avoir établie dans cette charmante solitude, elle descendit par la fenêtre et s'en retourna chez elle.

Persinette se divertit à cent choses différentes dès qu'elle fut seule. Quand elle n'aurait fait que fouiller dans ses cassettes, c'était une assez grande occupation; combien de gens en voudraient avoir une semblable !

La vue de la fenêtre de la tour était la plus belle vue du monde ; car on voyait la mer d'un côté, et de l'autre cette vaste forêt; ces deux objets étaient singuliers et charmants. Persinette avait la voix divine, elle se plaisait fort à chanter, et c'était souvent son divertissement, surtout aux heures qu'elle attendait la fée. Elle la venait voir fort souvent, et quand elle était au bas de la tour, elle avait accoutumé de dire: «Persinette, descendez vos cheveux que je monte.»

C'était une des grandes beautés de Persinette que ses cheveux, qui avaient trente aunes de longueur sans l'incommoder. Ils étaient blonds comme fin or, cordonnés avec des rubans de toutes couleurs; et quand elle entendait la voix de la fée, elle les détachait, les mettait en bas, et la fée montait.

Un jour que Persinette était seule à sa fenêtre, elle se mit à chanter le plus joliment du monde.

Un jeune prince chassait dans ce temps-là, il s'était écarté à la suite d'un cerf; en entendant ce chant si agréable, il s'en approcha et vit la jeune Persinette, sa beauté le toucha, sa voix le charma. Il fit vingt fois le tour de cette fatale tour, et n'y voyant point d'entrée, il pensa mourir de douleur, il avait de l'amour, il avait de l'audace, il eût voulu pouvoir escalader la tour.

Persinette, de son côté, perdit la parole quand elle vit un homme si charmant, elle le considéra longtemps tout étonnée, mais tout à coup, elle se retira de la fenêtre, croyant que ce fût quelque monstre, se souvenant d'avoir ouï dire qu'il y en avait qui tuaient par les yeux, et elle avait trouvé les regards de celui-ci très dangereux.

Le prince fut au désespoir de la voir ainsi disparaître; il s'informa aux habitations les plus voisines de ce que c'était, on lui apprit qu'une fée avait fait bâtir cette tour, et y avait enfermé une jeune fille. Il y rôdait tous les jours, enfin, il y fut tant qu'il vit arriver la fée, et entendit qu'elle disait: «Persinette, descendez vos cheveux que je monte.» Au même instant, il remarqua que cette belle personne défaisait les longues tresses de ses cheveux, et que la fée montait par eux: il fut très surpris d'une manière de rendre visite si peu ordinaire.

Le lendemain, quand il crut que l'heure était passée, que la fée avait accoutumé d'entrer dans la tour, il attendit la nuit avec beaucoup d'impatience, et s'approchant sous la fenêtre, il contrefit admirablement la voix de la fée, et dit: « Persinette, descendez vos cheveux que je monte.»

La pauvre Persinette, abusée par le son de cette voix, accourut et détacha ses beaux cheveux, le prince y monta, et quand il fut au haut, et qu'il se vit sur la fenêtre, il pensa tomber en bas, quand il remarqua de si près cette prodigieuse beauté. Néanmoins, rappelant toute son audace naturelle, il sauta dans la chambre, et se mettant aux pieds de Persinette, il lui embrassa les genoux avec une ardeur qui pouvait la persuader. Elle s'effraya d'abord, elle cria, un moment après elle trembla, et rien ne fut capable de la rassurer que quand elle sentit dans son cœur autant d'amour qu'elle en avait mis dans celui du prince. Il lui disait les plus belles choses du inonde, à quoi elle ne répondit que par un trouble qui donna de l'espérance au prince. Enfin, devenu plus hardi, il lui proposa de l'épouser sur l'heure, elle y consentit sans savoir presque ce qu'elle faisait, elle acheva de même toute la cérémonie.

Voilà le prince heureux, Persinette s'accoutume aussi à l'aimer, ils se voyaient tous les jours, et peu de temps après, elle se trouva grosse. Cet état inconnu l'inquiéta fort, le prince s'en douta, et ne lui voulut pas expliquer de peur de l'affliger. Mais la fée l'étant allée voir, ne l'eut pas si tôt considérée qu'elle connut sa maladie. «Ah! Malheureuse ! lui dit-elle, vous êtes tombée dans une grande faute; vous en serez punie, les destinées ne se peuvent éviter, et ma prévoyance a été bien vaine.» En disant cela, elle lui demanda d'un ton impérieux de lui avouer toute son aventure ; ce que la pauvre Persinette fit, les yeux tout trempés de larmes.

Après ce récit, la fée ne parut point touchée de tout l'amour dont Persinette lui racontait des traits si touchants, et la prenant par ses cheveux, elle en coupa les précieux cordons; après quoi, elle la fit descendre, et descendit aussi par la fenêtre. Quand elles furent au bas, elle s'enveloppa avec elle d'un nuage qui les porta toutes deux au bord de la mer, dans un endroit très solitaire, mais assez agréable. Il y avait des prés, des bois, un ruisseau d'eau douce, une petite hutte faite de feuillages toujours verts; et il y avait dedans un lit de jonc marin, et à côté une corbeille, dans laquelle il y avait de certains biscuits qui étaient assez bons, et qui ne finissaient point. Ce fut en cet endroit que la fée conduisit Persinette, et la laissa, après lui avoir fait des reproches qui lui parurent cent fois plus cruels que ses propres malheurs.

Ce fut en cet endroit qu'elle donna naissance à un petit prince et à une petite princesse, et ce fut en cet endroit qu'elle les nourrit, et qu'elle eut tout le temps de pleurer son infortune.

Mais la fée ne se trouva pas une vengeance assez pleine, il fallait qu'elle eût en son pouvoir le prince, et qu'elle le punît aussi. Dès qu'elle eut quitté la malheureuse Persinette, elle remonta à la tour, et se mettant à chanter du ton dont chantait Persinette, le prince, trompé par cette voix, et qui revenait pour la voir, lui redemanda ses cheveux, pour monter comme il avait accoutumé; la perfide fée les avait exprès coupés à la belle Persinette, et les lui tendant, le pauvre prince parut à la fenêtre, où il eut bien moins d'étonnement que de douleur de ne trouver pas sa maîtresse. Il la chercha des yeux, mais la fée le regardant avec colère: « Téméraire, lui dit-elle, votre crime est infini, la punition en sera terrible.» Mais lui, sans écouter des menaces qui ne regardaient que lui seul: « Où est Persinette? lui répondit-il. - Elle n'est plus pour vous», répliqua-t-elle. Lors le prince, plus agité des fureurs de sa douleur que contraint par la puissance de l'art de la fée, se précipita du haut de la tour en bas. Il devait mille fois se briser tout le corps, il tomba sans se faire autre mal que de perdre la vue.

Il fut très étonné de sentir qu'il ne voyait plus, il demeura quelque temps au pied de la tour à gémir et à prononcer cent fois le nom de Persinette.

Il marcha comme il put, en tâtonnant d'abord, ensuite ses pas furent plus assurés; il fut ainsi je ne sais combien de temps sans rencontrer qui que ce fût qui pût l'assister et le conduire; il se nourrissait des herbes et des racines qu'il rencontrait quand la faim le pressait.

Au bout de quelques années, il se trouva un jour plus pressé du souvenir de ses amours et de ses malheurs qu'à l'ordinaire, il se coucha sous un arbre, et donna toutes ses pensées aux tristes réflexions qu'il faisait. Cette occupation est cruelle à qui pense mériter un meilleur sort, mais tout à coup il sortit de sa rêverie par le son d'une voix charmante qu'il entendit. Ces premiers sons allèrent jusqu'à son cœur, ils le pénétrèrent, et y portèrent de doux mouvements, avec lesquels il y avait longtemps qu'il n'avait plus d'habitude. « Ô Dieux ! s'écria-t-il, voilà la voix de Persinette.»

Il ne se trompait pas, il était insensiblement arrivé dans son désert. Elle était assise sur la porte de sa cabane, et chantait l'histoire malheureuse de ses amours. Deux enfants qu'elle avait, plus beaux que le jour, se jouaient à quelques pas d'elle, et s'éloignant un peu, ils arrivèrent jusqu'auprès de l'arbre sous lequel le prince était couché. Ils ne l'eurent pas plus tôt vu que l'un et l'autre, se jetant à son col, l'embrassèrent mille fois, en disant à tout moment. «C'est mon père». Ils appelèrent leur mère, et firent de tels cris qu'elle accourut, ne sachant ce que ce pouvait être; jamais jusqu'à ce moment-là sa solitude n'avait été troublée par aucun accident.

Quelle fut sa surprise, et sa joie, quand elle reconnut son cher époux ! C'est ce qu'il n'est pas possible d'exprimer. Elle fit un cri perçant et s'élançant auprès de lui, son saisissement fut si sensible que, par un effet bien naturel, elle versa un torrent de larmes. Mais, O merveille ! à peine ses larmes précieuses furent-elles tombées sur les yeux du prince qu'ils reprirent incontinent toute leur lumière; il vit clair comme il faisait autrefois, et il reçut cette faveur par la tendresse de la passionnée Persinette, qu'il prit entre ses bras, et à qui il fit mille fois plus de caresses qu'il ne lui en avait jamais fait.

C'était un spectacle bien touchant de voir ce beau prince, cette charmante princesse et ces aimables enfants, dans une joie et une tendresse qui les transportaient hors d'eux-mêmes. Le reste du jour s'écoula ainsi dans ce plaisir; mais le soir étant venu, cette petite famille eut besoin d'un peu de nourriture. Le prince, croyant prendre du biscuit, il se convertit en pierre; il fut épouvanté de ce prodige, et soupira de douleur, les pauvres enfants pleurèrent, la désolée mère voulut au moins leur donner un peu d'eau, mais elle se changea en cristal.

Quelle nuit! Ils la passèrent assez mal; ils crurent cent fois qu'elle serait éternelle pour eux.

Dès que le jour parut, ils se levèrent, et résolurent de cueillir quelques herbes; mais, quoi ! elles se transformaient en crapauds, en bêtes venimeuses, les oiseaux les plus innocents devinrent des dragons, des harpies qui volaient autour d'eux, et dont la vue causait de la terreur. «C'en est donc fait, s'écria le prince; ma chère Persinette, je ne vous ai retrouvée que pour vous perdre d'une manière plus terrible. - Mourons, mon cher Prince, répondit-elle en l'embrassant tendrement, et faisons envier à nos ennemis même la douceur de notre mort.»

Leurs pauvres petits enfants étaient entre leurs bras, dans une défaillance qui les mettait à deux doigts de la mort. Qui n'aurait pas été touché de voir ainsi mourante cette déplorable famille ? Aussi se fit-il pour eux un miracle favorable. La fée fut attendrie, et rappelant dans cet instant toute la tendresse qu'elle avait sentie autrefois pour l'aimable Persinette, elle se transporta dans le lieu où ils étaient, elle parut dans un char brillant d'or et de pierreries, elle les y fit monter, se plaçant au milieu de ces amants fortunés, et mettant à leurs pieds leurs agréables enfants sur des carreaux magnifiques, elle les conduisit de la sorte jusqu'au palais du roi père du prince. Ce fut là que l'allégresse fut excessive; on reçut comme un dieu ce beau prince, que l'on croyait perdu depuis si longtemps, et il se trouva si satisfait de se voir dans le repos après avoir été si agité de l'orage que rien au monde ne fut comparable à la félicité dans laquelle il vécut avec sa parfaite épouse.

 

Tendres époux, apprenez par ceux-ci

Qu'il est avantageux d'être toujours fidèles ;

Les peines, les travaux, le plus cuisant souci,

Tout enfin se trouve adouci

Quand les ardeurs sont mutuelles :

On brave la fortune, on surmonte le sort,

Tant que deux époux sont d'accord.

 

Charlotte-Rose de Caumont La Force (Mademoiselle de La Force), 1650-1724. Le conte Persinette est paru en 1698.

 

Repost 0