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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 23:48

 

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[ Réunion de territoire, DLLP, Maison des sports, Parçay-Meslay, jeudi 25 octobre 2012. On reconnaît diverses personnes dont Chantal Dardant, Dominique Pineau, Valérie Leccia, Mathilde Chauvigné, Sylviane Lachaume (de gauche à droite à la tribune), Axelle de la Bibliothèque de Reugny qui parle au nom du canton de Vouvray et Séverine Nicolle de la SFL qui présente des livres.]

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 23:20

 

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[Réunion information et permanences (RIP) à la Bibliothèque, mardi 23 octobre 2012.]

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 06:42

Flor negra 

 

Set pous i set nits de les més llargues es van ajuntar perquè nasqués. I mil formigues van donar la vida perquè tingués el seu color i la seva mena de vernissat. Sembla un clavell arrissadíssim i amida un pam. S'obre durant setanta nits-nits : les més fosques, les més quietes, les més mortes. La busquen a les palpentes per fer-ne l'ungüent que fa patir. Aquest ungüent es posa darrera de les orelles, entre els dits dels peus, a la part interior de la cuixa esquerra… Frega fort i dorm tranquil que el mal es va fabricant tot sol. Al cap de dos dies i de dues nits et despertes amb una pena tan grossa que no et deixa respirar. Una bella pena per a poder-te creure important ; una pena de roc i de sal, una pena amarga de fetge i d'entranya profunda, una pena arrapada al coll com un clou clavat amb martell, una pena de deu mil quilòmetres, una pena que et mata el pobre cor i t'hi atura la sang perquè s'hi podreixi. Una pena que, com les penes més grosses, no es pot explicar. No la deixis fugir ; si aquesta pena se n'anés, tornaries a no ser ningú.

 

Mercè Rodoreda

 

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 La fleur noire

 

Sept puits et sept nuits des plus sombres ont dû s'accoupler pour qu'elle naisse. Et mille fourmis ont donné leur vie pour qu'elle ait leur couleur vernissée si particulière. On dirait un œillet frisé, grand comme la main. Elle s'ouvre pendant soixante-dix nuits noires : les plus profondes, les plus silencieuses, les plus mortes. On la cherche à tâtons pour en fabriquer l'onguent qui fait souffrir. Cet onguent, on le met derrière les oreilles, entre les orteils, sur la partie interne de la cuisse gauche… Frotte fort et dors tranquille : le mal va se faire tout seul. Après deux jours et deux nuits, tu te réveilles avec une douleur si forte qu'elle t'empêche de respirer. Une belle douleur pour que tu ne puisses plus faire l'important, une douleur comme une pierre et comme le sel, une douleur amère qui vient du foie et du fonds des entrailles, une douleur agrippée au cou comme un clou enfoncé au marteau, une douleur de dix mille kilomètres, une douleur qui tue ton pauvre cœur et y arrête le sang pour qu'il y pourrisse. Une douleur qu'on ne peut expliquer, comme les douleurs les plus fortes.

Ne la laisse pas s'enfuir ; si cette douleur s'en allait, à nouveau tu ne serais plus rien.

 

Traduction Bernard Cassaigne

 

 

 

Ce poème est extrait du dernier livre publié du vivant de Mercè Rodoreda. Il s'agit de Viatges i flors, paru aux Edicions 62 en 1980. Dans la collection El balancí, on le trouve pp. 93-94. Mercè Ibarz (Rodoreda: exili i desig, Empúries, 2008) nous dit que Flor negra a été écrite à Paris au début des années 50. La traduction française de Bernard Lesfargues est prête mais cherche encore un éditeur. Je tiens à remercier ici Ana Lucía De Bastos de Casanovas & Lynch Agencia Literaria S.L qui m'a donné l'autorisation de publier le texte catalan sur le blog, au nom de la  Fundació Mercè Rodoreda . J'y joins ma traduction.

Il a déjà été question ici de Mercè Rodoreda, la dernière fois à propos du livre Miroir brisé, récemment acquis par la BMV. Si vous vous reportez au billet qui lui est consacré, vous trouverez des liens utiles sur ce grand auteur catalan.

En illustration, une version wordle du poème, faite en mai 2009 (© BC), et un bois gravé de E-C Ricart qui date de 1944, sans rapport direct, et pourtant...


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 [Vull agrair aqui a Ana Lucía De Bastos de Casanovas & Lynch Agencia Literaria S.L. pel permís d'utilitzar le text Flor negra sobre el bloc de la Bibliothèque Municipale de Vouvray (BMV). Sense oblidar la Fundació Mercè Rodoreda, imprescindible fons dels escrits de l'autora.]

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 22:56

 

Les lecteurs de la Bibliothèque reçoivent, assez irrégulièrement, le bulletin ci-dessous. Il leur parvient par courriel. Le premier numéro date du 14 novembre 2010. Il se terminait par un texte résumant Le Chat botté et une image : 

Le chat 

droit dans ses bottes

régale le Roi

puis croque l'ogre.

La Princesse

tombe dans les bras

du fils du meunier

il ne demandait

que ça.

Chat botté

 

 

En 2012, sept numéros sont parus. Voici le n° 19.

Quoi de neuf, 19, p.1

Quoi de neuf, 19, p.2
(à suivre)

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 17:42

On s'est étonné que la BMV ait acheté un roman traduit du nord-coréen, publié par Actes Sud. Il s'agit du roman  Des amis de Baek Nam-Ryong.

Des-amis--couverture.jpeg

Comment pouvait-il y avoir un écrivain digne de ce nom dans un pays comme la Corée du Nord, dictature fermée, etc...?

Justement. Nous connaissions des auteurs de la Corée du Sud. Picquier en a publié. Mais pas un seul écrivain du Nord. D'où cet achat.

Ce n'est certes pas un texte génial. Mais c'est un texte intéressant, sans difficulté de lecture. On y apprend beaucoup sur la façon de vivre des gens et comment le contexte politique influence leur quotidien.

 

Un juge examine une demande de divorce. Pour cela, il rencontre chaque partie, leur entourage, refait l'histoire de chacun, essaie de comprendre et repense à sa vie personnelle.

 

Voyez ce que dit Babelio du roman et dans  l'Express du 1er septembre 2011, lisez "Des amis, premier roman nord-coréen traduit en français." Vous lirez aussi avec intérêt l'article d'Arnaud Vaulerin dans Libération du 10 octobre 2011.

 

 

Essayons de sortir des rails. Regardons aussi à côté des têtes de gondoles. En un mot, soyons curieux.

 

 

Colette


 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 14:02

Saps on és la fageda d'en Jordà ?
Si vas pels volts d'Olot, amunt del pla,
trobaràs un indret verd i profond
com mai més n'hagis trobat al món :
un verd com d'aigua endins, profond i clar ;
el verd de la fageda d'en Jordà.
El caminant, quan entra en aquest lloc,
comença a caminar-hi poc a poc ;
compta els seus passos en la gran quietud
s'atura, i no sent res, i està perdut.
Li agafa un dolç oblit de tot el món
en el silenci d'aquell lloc profond,
i no pensa en sortir o hi pensa en va :
és pres de la fageda d'en Jordà,
presoner del silenci i la verdor.
Oh companyia ! Oh deslliurant presó !

 

 

Joan Maragall 

 

 

 

Sais-tu où se trouve la hêtraie de Jordà ?

Si tu vas près d'Olot, au-dessus de la plaine,

tu trouveras un endroit vert et profond

comme tu n'en trouveras aucun autre au monde :

d'un vert comme au cœur de l'eau, profond et clair ;

c'est le vert de la hêtraie de Jordà.

Le promeneur, quand il entre en ce lieu,

commence à marcher doucement ;

il compte ses pas dans la grande quiétude,

il s'arrête, il n'entend rien, il est perdu.

Un doux oubli du monde le saisit

dans le silence de ce lieu profond,

et il ne songe pas s'en évader ou c'est en vain :

il est prisonnier dans la hêtraie de Jordà,

captif du silence et du vert.

Ô présence ! Ô prison libératrice !

 

 

Traduction Bernard Cassaigne

 

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La forêt de hêtres de Jordà qui pousse sur une coulée de lave dans le Parc des Volcans d'Olot est un lieu bien connu des Catalans, grâce au poète Joan Maragall. On s'y perd facilement, c'est vrai, c'est arrivé au traducteur et à son fils Julien.

Joan Maragall (1860-1911), ici dans le portrait de Ramon Casas au MNAC,

  

Maragall--Joan--portrait-par-Casas--MNAC.jpg

 

est un jalon essentiel de la littérature catalane. Il illustre la période dite du modernisme. Lisez (en français) ce qu'en dit Culturcat, leur vidéo est en catalan mais des sous-titres vous aident ; on y voit, entre autres choses, la hêtraie de Jordà qui est le sujet du poème de ce jeudi. Il fut écrit en octobre 1908. On peut y voir un héritage (en ce début de 20e siècle) du sentiment romantique envers la nature.

Le CRDP de Montpellier vous propose une anthologie de la littérature occitane et catalane ; sa préface est éclairante.

L'essentiel de l'information sur Maragall est en catalan. Dans cette langue, la notice de Viquipèdia est un modèle du genre et mérite bien l'appellation "article de qualité". Si vous voulez, vous pouvez regarder dans la même encyclopédie, la notice en français, actuellement très décevante.

Une œuvre célèbre de Joan Maragall est son Cant espiritual (Chant spirituel) où il dit sa foi et ses doutes. Il a été traduit en français par Albert Camus (aidé de Víctor Alba). Quelquefois on croit lire Noces, et cet attachement sensuel au monde réel ("le monde est beau, et hors de lui, point de salut").

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 10:22

Il n'y a plus de saisons !

Quoi ! en cet automne 2012 parler du Printemps des Poètes ! Il est vrai que tout est encore vert, à peine la vigne, en ce début de vendanges, se teinte de jaune et parfois de roux.

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Alors ? Que se passe-t-il ? Bon. La crise etc. C'est l'austérité. Le Ministère de la Culture maintient son soutien mais le budget du Ministère de l'Education Nationale  se rétrécit. Et pour le "Printemps des Poètes", la subvention diminue de 40%, soit 60.000 euros en moins et c'est l'asphyxie qui menace. 

La poésie ! Ce n'est pas possible !

 

logo P des P

A la Bibliothèque de Vouvray, tous les ans, nous utilisons les poèmes proposés pour les diffuser auprès de nos lecteurs sous forme de tracts multicolores. Nous faisons travailler les enfants des écoles, comme cette année où ils ont écrit des textes et colorié la merveilleuse affiche de Joëlle Jolivet. Cliquez ici pour voir et revoir l'événement, et , ainsi que sur les liens que ce billet propose, pour voir comment la poésie est notre vie. D'ailleurs, ceux qui fréquentent notre blog savent que tous les jeudis, depuis le 12 avril, nous mettons en ligne un texte poétique. Bien souvent le "Printemps des Poètes" nous aide, gràce à ces "Passeurs" qui nous permettent d'utiliser des textes libres de droits.

Assez parlé de nous.

Il faut aider le "Printemps des Poètes". Des milliers de manifestations en dépendent. Nous n'oublions pas les formations, nous en avons bénéficié. Et dans le site Internet du "Printemps des poètes", vous trouverez tout sur la poésie et vous pourrez voyager loin. Bibliothécaires, enseignants, formateurs, nous sommes tous sensibilisés. En cliquant ici, par exemple, vous verrez comment l'action du "Printemps des Poètes" sait se tourner vers l'école.

 Il faut vite écrire au Ministre de l'Education Nationale pour l'encourager à revenir sur sa décision. Le "Printemps des Poètes" pourra vivre si cette aide financière revient. L'adresse c'est au 110 rue de Grenelle, 75357 Paris SP 07.

Les enfants ont besoin de la poésie ;

 

Joëlle Jolivet, Affiche P des P 2012

 

leurs maîtres aussi, afin d'en transmettre l'étincelle.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 08:59

Toi, l’enfant de mes enfants,
Toi qui, pendant ces premiers jours,
ne connaît des seins que la voie lactée,
un soir je t’apprendrai
à marcher dans les étoiles filantes
sans écraser les vœux qui les accompagnent.


Un jour je t’apprendrai
à saisir dans le vent
les verbes qui soignent leurs sujets
comme des rois bien aimés
et bercent leurs compléments directs
comme des enfants choyés.


Un matin, je t’apprendrai même
à forger le sens profond de l’insensé
avec la réponse des astres cueillie sur la rosée,…
avec les reflets tombés de tes exclamations
sur le bord d’un poème à composer.



Maurice Couquiaud

 

Ce poème est paru parmi les "Passeurs de poèmes" du "Printemps des poètes" dont le thème en 2012 était "Enfances". Par la suite, en mars ou avril,  il a été publié par L'Harmattan, dans un livre dont la couverture évoque les liens entre la vie et l'écriture :

 

Couquiaud, Maurice, couverture, A la recherche des pas perd

Et l'auteur ?

Lisez la notice du "Printemps des Poètes" :

Né le 2 août 1930, à Boulogne sur Seine. Depuis 1983, il se consacre entièrement à ses activités littéraires. Vice-président du "Groupe de Recherches Polypoétiques", il a été rédacteur en chef de la revue Phréatique pendant dix sept ans. Membre du Centre International de Recherches Transdisciplinaires, fondé par le physicien B. Nicolescu. Sociétaire de la Société des Gens de Lettres.
Maurice Couquiaud a diffusé en 1976 un "Manifeste du Poète étonné". Depuis, par des articles, des conférences ou des entretiens, il s'efforce de définir pour le poète une attitude de guetteur. S'appuyant sur la force de l'émotion et sur "l'imaginaire informé", sa vigilance devra s'exercer non seulement sur la charge émotive des événements et l'exploration individuelle de l'être, mais également vers toutes les formes de connaissances et de recherches contemporaines susceptibles de redonner à l'homme sa place essentielle au sein de l'univers en renouvelant notre regard sur celui-ci.
Il est vice-président du Pen-Club français.

Et maintenant que vous savez toutes ces choses, voici son portrait :

 

Couquiaud, Maurice, portrait, P des P

 

Chez L'Harmattan, le livre A la recherche des pas perdus est ainsi présenté :

Les textes de ce recueil ont été rédigés sur une période d'environ 20 années. Avec ce dernier ouvrage, l'auteur continue de creuser le sillon d'une poésie profondément humaniste. Poèmes ou proses ?... L'étonnement poétique n'ayant pas de style défini pour s'exprimer, l'amateur de poésie est ici invité, comme un œnologue, à apprécier des grands crus différents.

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 17:04

Farai un vers de dreit nien
Non er de mi ni d'autra gen
Non er d'amor ni de joven
Ni de ren au
Qu'enans fo trobatz en durmen
Sus un chivau

No sai en qual hora.m fui natz
No soi alegres ni iratz
No soi estranhs ni soi privatz
Ni no.n puesc au
Qu'enaisi fui de nueitz fadatz
Sobr'un pueg au

No sai cora.m fui endormitz
Ni cora.m veill s'om no m'o ditz
Per pauc no m'es lo cor partitz
D'un dol corau
E no m'o pretz una fromitz
Per saint Marsau

Malautz soi e cre mi morir
E re no sai mas quan n'aug dir
Metge querrai al mieu albir
E no.m sai tau
Bos metges er si.m pot guerir
Mas non si amau

Amigu'ai ieu non sai qui s'es
C'anc no la vi si m'aiut fes
Ni.m fes que.m plassa ni que.m pes
Ni no m'en cau
C'anc non ac Norman ni Franses
Dins mon ostau

Anc non la vi et am la fort
Anc no n’aic dreit ni no.m fes tort
Quan no la vei be m'en deport
No.m prez un jau
Qu'ie.n sai gensor e belazor
E que mais vau

No sai lo luec on s’esta
Si es m pueg ho es en pla
Non aus dire lo tort que m’a
Albans m’en cau
E peza.m be quar sai rema
Per aitan vau

Fait ai lo vers no sai de cui
Et trametrai lo a celui
Que lo.m trameta per autrui
Enves Peitau
Que.m tramezes del sieu estui
La contraclau

 

 

                                      Guillaume IX d'Aquitaine

 

Guillaume-IX-d-Aquitaine.jpg

 

Je ferai un poème de pur néant :

Il ne sera pas sur moi ni sur d'autres gens,

Ni sur l'amour, ni sur la jeunesse,

Ni sur rien d'autre.

Je l'ai composé en dormant

Sur un cheval.

 

Je ne sais sous quelle étoile je suis né,

Je ne suis ni gai ni fâché,

Je ne suis ni farouche ni familier,

Je n'y peux rien :

Je fus de nuit ensorcelé

En haut d'une colline.

 

Je ne sais quand je fus endormi,

Ou si je veille si on ne me le dit. 

J'ai failli avoir le cœur brisé

D'une douleur intime.

Je m'en soucie comme d'une fourmi,

Par Saint Martial !

 

Malade je suis et je crois mourir,

Mais je n'en sais rien que par ouï-dire,

Si je veux j'irai quérir un médecin,

Et je ne sais lequel.

Bon il sera s'il peut me guérir,

Et mauvais s'il échoue.

 

J'ai une amie, je ne sais pas qui,

Car je ne l'ai jamais vue, par ma foi ;

Elle ne m'a rien fait qui me plaise ou me pèse,

Et ça n'a pas d'importance.

Jamais n'est venu ou normand ou français

Dans ma maison.

 

Jamais je ne la vis, et je l'aime beaucoup ;

Elle ne m'a jamais fait bien ou tort.

Quand je ne la vois pas, je suis content :

Je ne l'estime pas plus qu'un poulet,

Car j'en sais une plus aimable et plus belle

Et qui vaut mieux.

 

D'où elle vient, je ne sais pas ;

Est-ce d'en haut ou bien d'en bas ?

Je n'ose dire si j'ai tort,

Alors je me tais.

Ça m'attriste qu'elle reste là

Quand je m'en vais.

 

J'ai fait ces vers, je ne sais sur quoi.

Je les transmettrai à celui

Qui les transmettra à un autre,

Là-bas vers le Poitou :

De son étui pour moi qu'il sorte,

L'explication.

 

 Traduction, adaptation, etc. Bernard Cassaigne, roturier (mais d'Aquitaine).

 

 Poème de néant, mais poème.

Voici ce texte du jeudi. Il mérite l'effort de le lire. L'occitan de Guillaume IX (1071-1126) n'est pas une langue facile. Le traducteur connaît le catalan moderne, mais pour ce poème il s'est aidé d'autres traductions que vous trouverez ici ou .

Patrice Guinard, auteur de la dernière traduction dit : "L'ajout fréquent du pronom personnel "je" alourdit et défigure le poème chanté." Désolé, mais je ne pouvais pas faire autrement. Il fait suivre le texte d'un article dont on vous conseille la lecture. Il y en a d'autres. Sur Guilhem IX de Peitieus (Poitiers, en limousin), notre premier troubadour, lisez une notice générale, celle de la décriée Wikipédia, pourtant si claire, ou bien celle-ci. 

En cliquant ici vous entendrez l'ensemble Tre Fontane interpréter ce poème en 2011.

Voici pour ce début octobre :

                       Farai chansoneta nueva,
                       Ans que vent ni gel ni plueva
.


Guillaume IX d'Aquitaine, troubadours

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 09:15

Septembre attaché au figuier
On tournait le dos à l’été ramasseur de noix vides
Siffleur de jeunes abeilles
Les derniers feux de la saint-jean enfumaient les lampes insomniaques
Les encriers

Suspendus à la ceinture du père
On courait moins vite que le paysage
Le chemin risquait d’arriver sans nous à la maison
se lover dans nos lits
renverser l’écuelle du chat
manger les graines jaunes du canari

Mais le père se disait plus long que le chemin
Plus fort que le train
Des épaules de loup au long cours
Des bras hauts comme des madriers
Le père trayait la forêt le fleuve entre chien et crépuscule
fendait d’un coup de hache le froid récalcitrant

Une forge dans sa poitrine le père abritait le feu

Seule l’odeur blanche de la neige le calmait
Ses coulées sur nos murs avaient la douceur du ventre de l’alouette
La compassion des pierres du cimetière

 

 

Vénus Khoury-Ghata

 

Venus-Khoury-Ghata--L-Orient-le-jour.jpeg

 

 Vous trouverez sur le site du Printemps des Poètes une notice sur Vénus Khoury-Ghata, poète libanaise de langue française.

C'est à ce site que nous empruntons le texte que vous venez de lire. Il y est paru cette année, parmi les poèmes sur "Enfances", thème du Printemps des Poètes.

Sur le site d'Encres Vagabondes, vous lirez un entretien sur les romans de Vénus Khoury-Ghata. Au sujet de la poésie, voyez ce qu'elle dit sur RFI,  et regardez cette vidéo, où elle explique comment elle conçoit le travail du poète.

 

Venus-Khoury-Ghata--figuier-b.jpg 

 

 

 [Merci pour les photos à L'Orient-Le Jour et à Roger Boudy.]

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