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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:39

Samedi 17 avril, dans l'après-midi, trois bibliothécaires, Colette, Claudine et Cécile (les 3 C) se sont occupé des livres enfants.

Grand soleil ce samedi : il faisait beau dehors. C'était un après-midi pour le jardinage…. Mais il y avait une urgence.

Il s'agissait de gagner de la place et d'introduire de l'ordre. Toute une réorganisation du rayon romans-contes-petits albums enfants. Avec notamment une fusion des romans "enfants" et des romans "jeunes". Pour les grands albums, nous avons plusieurs bacs, inchangés.

 

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Ça débordait. Il fallait le faire. On ne savait plus comment ranger les livres.

La première étagère du haut, jusque là consacrée à l'exposition, est désormais occupée. C'est un problème : certains livres vont être un peu haut. Mais comment faire autrement ? Deux rayons au cœur des étagères ont quand même été gardés pour exposer et donner envie de découvrir.

 

 

Tous les livres ont été sortis. On en a profité pour faire le ménage, dépoussiérer. Les étagères ont été démontées puis remontées. Il reste à refaire la signalisation.

 

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Un jour, peut-être, la BMV aura la place d'avoir des rayons adaptés pour les enfants.

Les bibliothécaires ont fait au mieux.

 

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:26

On peut lire sur cet écran et aimer quand même le papier.

Et pour ceux qui aiment encore le papier, voici Les Liserons, notre bulletin, éclosion d'avril, couleur caramel cette fois.

Ce numéro 25 a mis le temps (le précédent, c'était en novembre dernier). Mais tout prend du temps, et ce blog lui-même a des lenteurs… mais passons.

Les lecteurs trouveront dans ce bulletin la joie, les soucis quotidiens et la tristesse. On y apprend (car c'est un bulletin de bibliothèque) tout sur la préposition ès : les Vouvrillons tourmentés comprendront. Le Conteur nous prouve la grande jeunesse de Maurice Bouchor en donnant le conte Le tapis. Etc…etc…

La photocopieuse de la mairie s'est montrée, comme d'habitude, à la hauteur :

 

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Ces Liserons caramel peuvent maintenant être dégustés.

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:12

Une de nos bibliothécaires a organisé chez elle une soirée des  Mille Lectures d'Hiver. Nous l'avons soutenue de notre mieux. C'était aussi une activité de la Bibliothèque de Vouvray.

C'était jeudi 18 mars. Au programme, lecture de quelques nouvelles de Jørn Riel extraites de La vierge froide et autres racontars. Et pour les lire, une comédienne, Danièle Marty. Une femme dans un monde très masculin puisque Jørn Riel situe ses textes parmi les chasseurs, trappeurs, etc… du Groënland où il fut lui-même ethnographe pendant 16 ans.

Parmi les auditeurs, des inconditionnels de l'humour de Jørn Riel, et beaucoup qui venaient à la découverte, grand mérite de ces MLH.

 

Les hommes ne sont pas machistes de façon déclarée, ils sont même délicats et sentimentaux, cependant, c'est un monde d'hommes. Ils vivent seuls, sans femmes le plus souvent. Sauf dans leur tête, comme cette "vierge froide", au départ une femme réelle peut-être, mais devenue un objet intellectuel, sur lequel Mads Madsen "a des droits", qu'il vend cher à William le Noir, lequel plus tard les vend cher aussi à son ami le vieux Bjørken. Et dans d'autres circonstances, le comportement de ces êtres est tout aussi étrange, original et drôle. Ainsi Herbert, qui adopte un coq et essaie de le faire survivre dans le froid et surtout sans soleil ! Un coq, sans soleil ! C'est que le coq n'a pas l'alcool pour l'aider à supporter la nuit arctique.

Les malins savent rouler tout le monde et faire fortune sur ces terres inhospitalières mais où survivent des êtres naïfs. Ainsi nous voyons Monsieur Joenson, envoyé par la Compagnie pour ramener des peaux. Et il en ramène beaucoup sans avoir jamais tiré un coup de feu. Lisez  La vierge froide et autres racontars et vous saurez comment…

 

Lisez ces nouvelles, et vous en redemanderez ! Dans l'univers de Jørn Riel, les récits se répondent et les personnages vont, viennent, reviennent. Pour en savoir plus sur l'auteur et son oeuvre, cliquez ici, c'est le site des Editions Gaïa qui publient Jørn Riel.

 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 15:44

La dernière mélodie écrite par Charles Bordes, en juin 1908, c'est Paysage majeur, titre d'un poème de Louis Payen. Nous ne sommes pas surpris d'y lire l'éloge d'un soleil fort qui apporte la vie et l'énergie à ceux qui en ont besoin.

 

Mais je m'offre au soleil ardent car j'ai voulu

Qu'un lumineux baiser descendit dans mes veines.

Charles Bordes, malade, vivait à Montpellier depuis novembre 1905 et il y trouvait cette chaleur dont son corps avait besoin. L'écrivain Louis Payen, de son vrai nom Albert Liénard, est bien oublié aujourd'hui. Il est né à Alès en 1875. Il collabore à diverses revues, comme La coupe de Montpellier, entre 1895 et 1898, où il prend son nom d'écrivain, et à Paris Messidor, La revue dorée, le Mercure de France ou L'Ermitage.

On lui doit (liste non exhaustive) des poèmes : A l'ombre du portique (1900), Persée (1901), Les voiles blanches (1905), Le collier des heures (1913), La coupe d'ombre (1925); des romans : La souillure (1905), L'autre femme (1907) ; du théâtre : L'amour vole (1904), La tentation de l'Abbé Jean (1907), Les amants de Ferrare (1922), La Princesse d'amour (1923), L'Imperia (1928). Il écrit plusieurs drames lyriques pour Henry Février, Camille Boucoiran ou surtout Massenet, comme Cléopâtre en 1914 avec ce dernier, en collaboration avec Henri Cain. Il est connu comme librettiste. Dans les années 20, il est secrétaire général de la Comédie française où il organise des matinées littéraires et fait dire de la poésie. Il meurt à Epinay en 1927.

 

Pour terminer, voici des extraits de son poème La vie est devant moi, publié dans le numéro d'octobre 1903 de la revue L'Ermitage.

 

La vie est devant moi comme un jardin ouvert,

 avec ses fleurs, avec ses fruits, ses parfums lourds,

 ses bassins lumineux où frémit un flot vert,

 ses nuages furtifs dont l'indécis contour

 érige dans l'azur la nacelle des rêves,

 avec ses frais taillis où s'assied l'ombre brêve

 

C'est un carpe diem pour ce début du 20e siècle :

 

Je veux mordre tes fruits, vie ardente et légère ;

que leurs sucs bienfaisants nourissent mes plaisirs !

 

On ne trouvera pas les œuvres de Louis Payen sur les rayons de la BMV. Ce blog lui a redonné vie un instant.

 

 

 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 15:34

La Bibliothèque Municipale de Vouvray (BMV) vient de publier une plaquette intitulée Les mots sous la musique - Charles Bordes et ses poètes . Dans le passé nous avons déjà publié une édition de L'Illustre Gaudissart de Balzac. Peut-être continuerons-nous. Il faut du temps, de l'énergie, du courage.

Ce mot nous ramène à Charles Bordes. En effet, la plaquette, comme l'indique son titre, est consacrée aux mélodies qu'il a composées. Une d'elles utilise un poème de Francis Jammes (p. 18) où on lit :

 

Du courage ? Mon âme éclate de douleur.
Cette vie me déchire. Je ne puis plus pleurer.
Qu'y a-t-il, qu'y a-t-il, qu'y a-t-il, dans mon cœur ?
Il est silencieux, terrible et déchiré.

 

Charles Bordes s'y reconnaissait. Frappé d'hémiplégie, ce musicien qui ne pouvait plus jouer du piano qu'avec une seule main restée valide, meurt à l'âge de 46 ans. D'autres s'y reconnaissent aussi.

 

Plusieurs poètes (11) sont représentés. Pour le moment, seul est dans le commerce un CD où on trouve sept mélodies sur des poèmes de Verlaine. Les autres sont inouïs (au sens propre). Et les noms des auteurs restent souvent mystérieux. Bien sûr, en plus des deux noms déjà cités, on trouve Hugo. Mais Jean Lahor et Maurice Bouchor sont (malheureusement) oubliés, et connaissez-vous Aimé Mauduit, Léon Valade ou Louis Payen ? Certes, bien des noms ne sont pas représentés : on ne trouve pas Baudelaire, ni Leconte de Lisle, ni Rimbaud, ni Mallarmé, etc… Cependant cette plaquette permet de découvrir une sensibilité poétique de la fin du 19e siècle.

Retour à Charles Bordes pour terminer ce billet. Comme vous savez, ce Vouvrillon est né à la Bellangerie. La couverture de la plaquette représente ce qui reste encore du domaine, la vieille grille que Beaumarchais (lui aussi a vécu à la Bellangerie) a connue.

Voici cette photo. Vous le méritez bien !

 

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Vous verrez à la BMV notre (petit) fonds consacré à Charles Bordes. Vous y lirez la plaquette. Si la poésie vous intéresse, vous pourrez même la négocier (elle est gratuite) auprès des bibliothécaires.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 23:41

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La bibliothèque a proposé une exposition le 16 février. Elle devait durer quinze jours, mais elle s'est prolongée jusqu'au printemps. Un panneau bleu et un mur, pour une petite évocation du travail du peintre Jérémie Delhome. La BMV est sensible à l'art en train de se faire. Nous avons parlé ici de l'excellente revue Dada à laquelle nous sommes abonnés, et qui parle, pour les petits et pour les grands, du passé et surtout du présent de la peinture.

 

En voyant les photos que nous présentons, certains ont dit, sans surprise : "La peinture d'aujourd'hui, j'y comprends rien." Ne nous inquiétons pas. Le regard s'habitue, et ailleurs – dans les albums illustrés, par exemple – c'est la liberté. Les lecteurs n'ont qu'à regarder dans les bacs pour les enfants à la BMV.

 

Nous croyons reconnaître des objets dans la peinture de Jérémie Delhome. Ils sont là, bien offerts au regard sur leur fond uni, comme des insectes épinglés dans leur boîte. Mais comment faut-il prendre ces machines pour les faire tourner ? Et elles servent à quoi ?

 

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Pas de réponse évidente et nous voilà tout à fait perturbés. Une peinture si tranquille, muette, qui a cet effet déstabilisateur. C'est du grand art. Jérémie Delhome a obtenu récemment le Prix international de peinture "Novembre à Vitry" où une présentation de ses œuvres aura lieu en mai.

 

Si vous voulez en savoir plus sur le peintre, faites un peu de googling, et voyez aussi ici et .

 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 23:26

J.D. Salinger, silencieux, est parti. Nous n'allons pas ici, en proposer une nouvelle lecture. Voyez ce qu'en disait, le 29 janvier, Assouline dans  La république des livres.

Le livre The Catcher in the Rye est lu depuis 1951 ; la traduction française, L'attrape-cœurs, d'abord de Sébastien Japrisot (1953) puis d'Annie Saumont (1986) est à la BMV. Ce fut aussitôt un classique, que fréquentaient les étudiants américains, mis au programme de l'agrégation d'anglais en 1967.

 

Holden Caulfield, le héros, a déjà une mèche de cheveux blancs :

Sur un côté de ma tête – le côté droit – y a des millions de cheveux blancs. Je les ai depuis que je suis môme. Et pourtant j'agis quelquefois comme si j'avais dans les 12 ans ; tout le monde le dit…

Cela lui permet d'affirmer son indépendance, mais ne l'empêche pas d'avoir de gros problèmes. Par exemple Maurice, le souteneur, sait lui extorquer son argent. Mais Holden Caulfield a cette lucidité qui lui fait voir que bien des gens sont des phonies (faux jetons).

On peut imaginer ses cheveux tout blancs aujourd'hui. Mais sa jeunesse reste. Il refuse de se plier aux conventions et aux convenances. Quel exemple !

 

Sur Salinger, il y a beaucoup à lire. Voyez ici et , et là encore. 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:39

Voici un billet prêt depuis longtemps et qui chez nous, à la Bibliothèque Municipale de Vouvray, a été soumis à plusieurs lecteurs "informatisés", et modifié selon leurs remarques.

 

Devant les progrès constants du numérique, les bibliothèques s'interrogent et proposent des livres électroniques à leurs lecteurs.

Les remarques qui suivent veulent montrer comment cette mutation est vécue dans une petite bibliothèque rurale d'Indre-et-Loire.

Plusieurs lecteurs ont pris au mot la Bibliothèque Départementale et emprunté (ou tenté) des livres électroniques qu'elle propose. L'inscription a été laborieuse. La Bibliothèque Départementale s'est assurée auprès des bibliothécaires que les demandeurs étaient bien des lecteurs inscrits. C'est normal, mais les délais sont quelquefois invraisemblables (deux mois…). Il a été demandé un numéro de code et un mot de passe aux candidats. Encore des données à retenir, avec cette incertitude de ne pas savoir ce que le prêteur en fait. Car le vrai prêteur n'est pas la Bibliothèque Départementale, mais une entreprise privée dont le nom ne sera pas dit ici.

         La Bibliothèque Départementale, cependant, propose un catalogue. En octobre 2009, il était de 81 livres où on trouvait l'inévitable Elégance du hérisson, mais surtout des ouvrages pratiques comme ceux édités par la revue L'Etudiant sur les différents métiers. Très utiles sans doute, mais ce genre de livres vieillit mal.

Un catalogue que les lecteurs ont trouvé peu attrayant et sans intérêt.

Comme on passe par le site de l'entreprise sus-mentionnée, on voit que ce marchand de livres numériques sait faire de l'argent en proposant ce qui se vend. Allez-y voir, vous serez édifiés : pour la modique somme de 6,29 euros, vous pourrez acquérir Sexe, meurtre et capuccino aux éditions Harlequin.

Le découragement gagne ceux qui sont parvenus jusque-là. Les autres ont été bloqués par le bureaucratisme de l'inscription, ou bien ils pensent que le livre numérique n'est pas pour eux et ne s'inscrivent pas. Ces personnes, pourtant familiarisées avec l'outil informatique, disent qu'elles sont vieux jeu, qu'elles ont des yeux fatigables, qu'elles préfèrent un vrai livre où l'on peut tourner les pages, aller d'avant en arrière et retour comme toujours, en un mot avoir le contact du papier. Nous signalerons au passage que notre lectorat est encore traditionnel : la moitié n'approche pas d'un ordinateur. Dans notre CA de 13 membres, 5 ne sont pas "informatisés".

Mais, nous dit-on, les lecteurs de e-book trouvent cela merveilleux, on n'a pas besoin de rester devant son fatigant écran d'ordinateur. Oui, le service public suggère l'achat d'un lecteur spécial, qu'on peut transporter partout, qui est léger, dont les pages ne s'usent pas et…. Alors qu'il est déjà choquant de suggérer un tel achat, on voit que les modèles sont peu nombreux et qu'il existe des incompatibilités entre eux. Sachant que la technologie peut encore évoluer et que l’e-book, dont on parle déjà depuis 10 ans, a de fortes chances, in fine, de peu ressembler, d’ici quelques années, à celui que nous connaissons.

 

          Si encore la Bibliothèque Départementale proposait hardiment un véritable choix, avec un catalogue attrayant, riche, varié, (non pas 81 titres, mais au moins 8000), voilà qui frapperait les esprits et changerait les attitudes. Nous en sommes loin.

Proposer des livres en papier, les valoriser de notre mieux pour les faire lire par tous, c'est cette tâche que nous continuerons d'accomplir.

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:11

Samedi 23 janvier, l'Ours a raconté ses histoires à un nombreux auditoire. Pour la première fois, cela a eu lieu "à côté", c'est-à-dire dans l'extension, équipée d'un tapis et ornée pour l'occasion. Comme il n'y a pas de passe-muraille parmi nous (seulement à la bibliothèque, du côté de Marcel Aymé), il a fallu sortir en cortège, puis entrer dans le nouveau local. Il faisait froid (dehors), on a fait vite, mais cela a donné à l'Ours l'idée de raconter cette terrible histoire bien connue du "Joueur de flûte de Hamelin".

 

L'Ours n'avait pas de flûte ni de turlusiphon, d'ailleurs il ne sait pas en jouer, mais il faisait sonner sa sanza habituelle, qui scande les contes.

 

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Comme promis, vous allez en savoir plus sur cet instrument. Cette sanza, c'est une boîte de sardines, avec cinq lamelles réglables. Il paraît que les chats de l'Ours (Opale dite Palou, Pickwick l'intello, Oïkku la secrétaire et ses trois enfants : Pimlico le bel et fort –comme le lion- Perleminouze la chouchoute, et Pirouette ou Grisette la timide), il paraît  que ces six chats donc, quand ils flairent la sanza, sentent encore les sardines qui furent un jour dans la boîte.

L'Ours joue de son mieux, il ne fait guère de progrès, mais la sanza est un instrument efficace, les lamelles métalliques s'entendent bien. A la base de chacune, il y a un petit bout de métal entortillé, qui produit un grésillement caractéristique. Les lamelles sont accordées entre elles, mais elles peuvent être tirées ou enfoncées, et on peut ainsi accorder l'instrument différemment.

Les spécialistes vous diront que cet instrument africain est un laméllophone, quelquefois appelé "piano à pouces". Il y a des variantes, avec des noms différents à chaque fois : la kalimba (Ouganda), le budongo, le kondi (Sierra Leone), la mbira, le mangambeu (Cameroun), la marímbula.

En général, il y a un résonnateur.

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La sanza construite sur une boîte de sardines, c'est l'instrument de base. C'est sur lui que les enfants apprennent ; notre Ours a l'avenir devant lui. Il y en a (des sanzas) de plus complètes, luxueuses et complexes. Cliquez ici, vous saurez beaucoup de choses.

 

Voyez aussi la présentation de ce conte édité par Belin La sanza de Bama ; vous y entendrez l'instrument joué à la perfection (pas comme l'Ours), par "Les lézards noirs".


Sur les contes eux-mêmes, à part "Hamelin", vous ne saurez rien ici. Venez (avec ou sans votre enfant) à la prochaine "Heure du conte" prévue le samedi 27 février à l'heure habituelle.


 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 20:51
Vous trouverez partout des descriptions du fonctionnement des "Mille Lectures d'Hiver", sur la NR et ailleurs.

Elles ont un grand succès car elles répondent à un besoin : faire connaître un livre inconnu de la plupart des lecteurs, et chez nous, bibliothèque, ces "Mille Lectures d'Hiver" ouvrent des portes.


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Vendredi 28 janvier à 18 heures, le comédien Guy Frédéric Schwitthal a lu des extraits de A quoi rêvent les loups de Yasmina Khadra.

Ce livre apporte quelques réponses à notre horreur et notre incompréhension devant le phénomène terroriste. Naja, le héros du roman, un beau gosse, pourraît vivre heureux en ce monde, mais la corruption lui en est insupportable.

Dans le roman, une description, expressionniste par sa violence, de la kasbah d'Alger est édifiante. Ce quartier porte dans sa décomposition un ferment d'explosion.

La solution de Naja est la mort, et d'abord celle qu'on donne, et le roman nous montre comment il y arrive. Il rêve à un monde meilleur, et des réponses simplistes lui en promettent un accès immédiat : en tuant les corrompus, il nettoie cette terre. En se sacrifiant, il accède à la perfection. Le problème c'est qu'il tue aussi ceux qui ne pensent pas comme lui, qui sont différents. Or le monde où nous vivons est de plus en plus un monde de différences.

Guy Frédéric Schwitthal a lu des passages qui montrent la séduction d'une certaine religion, visiblement hypocrite et tartuffesque, mais qui console et promet un monde meilleur. On sent comment Naja est progressivement conduit au rejet de ce monde et à la violence.

La conclusion du récit est donnée dès le début : nous savons où il va ; l'essentiel du livre est un flashback. Le point de vue du narrateur nous est donné, et aussi celui de Naja qui parle et pense à la première personne.

Au-delà du roman, malgré la force de son réalisme, nous sommes amenés à relativiser et à nous poser des questions : des situations extrêmes ont aussi existé et existent dans d'autres cultures. Car il y a une dimension universelle de la lutte, du kamikase au résistant. Pour combattre ce qui était perçu comme une injustice, à la recherche d'un paradis, certains ont pu aller jusqu'au sacrifice. Et sur la violence nous savons depuis Brecht que le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde (Der Schoß ist fruchtbar noch, aus dem das kroch).

Par ailleurs, le mépris envers les femmes, abondamment décrit dans A quoi rêvent les loups, existe dans d'autres cultures, et ne peut être réduit que par un combat constant.

 

La lecture de Guy Frédéric Schwitthal a eu un grand succès auprès des auditeurs.


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Elle s'est prolongée tard, jusqu'à 22h30, par une présentation de l'œuvre de Yasmina Khadra et une discussion sur le roman, agrémentée ensuite par de bonnes choses à boire et à grignoter.

 

Une telle lecture est l'aboutissement de beaucoup de travail. Si nous pensons à ce que fait "Livre au Centre" et la Région Centre derrière, voilà de l'argent public bien utilisé.

 

La bibliothèque vous propose actuellement trois livres de Yasmina Khadra :

A quoi rêvent les loups (1999), L'attentat (2005), Les sirènes de Bagdad (2006). D'autres, notamment les livres autobiographiques, feront partie de notre prochaine commande.

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