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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 11:28

It is a beauteous evening, calm and free,

The holy time is quiet as a nun

Breathless with adoration; the broad sun

Is sinking down in its tranquility;

The gentleness of heaven broods o'er the sea:

Listen! the mighty Being is awake,

And doth with his eternal motion make

A sound like thunder - everlastingly.

Dear Child! dear Girl! that walkest with me here,

If thou appear untouched by solemn thought,

Thy nature is not therefore less divine:

Thou liest in Abraham's bosom all the year,

And worship'st at the Temple's inner shrine,

God being with thee when we know it not.

 

William Wordsworth

(1770-1850)

 

 

C'est un beau soir, calme et libre ;

Moment sacré, paisible comme une religieuse,

Souffle coupé d'adoration ; le soleil ample

Se couche dans la quiétude ;

Le ciel très doux se recueille sur la mer :

Écoutez ! le Tout-puissant est éveillé,

Et fait, avec son mouvement sans fin,

Un bruit comme le tonnerre, éternellement.

Chère enfant ! Chère fillette ! Tu marches ici avec moi,

Tu sembles ne pas ressentir de pensée solennelle,

Mais ta nature n'en est pas moins divine :

Ta demeure est dans le sein d'Abraham, tous les jours de l'année,

Et le culte, tu le rends au sanctuaire le plus secret du Temple ;

Dieu est avec toi, pourtant nous l'ignorons.

 

(traduction Bernard Cassaigne)

 

 

 

On trouvera aisément des informations sur le poète romantique Wordsworth. Sur Internet il y en a en français et surtout en anglais, comme cette notice ; visitez aussi le site de Dove Cottage dans le Lake District.

Le poème "It is a beauteous evening…", très connu, est souvent analysé (toujours en anglais) de façon utile mais parfois élémentaire ; regardez ici ou .

On lira aussi l'étude plus savante, dans Wikipedia, avec ses multiples références. On ne manquera pas de se reporter à l'analyse que fait Cleanth Brooks du début du poème.

La traduction respecte le caractère religieux de ce sonnet. Une expression comme "le sein d'Abraham" peut surprendre le lecteur français d'aujourd'hui. Elle est employée dans la Bible (Luc 16 : 22) ; c'est l'expression utilisée dans la version de Louis Segond. Cela désigne, pour faire court, ce lieu intermédiaire (quelquefois appelé les limbes) entre l'Enfer et le Paradis, dont il est souvent l'antichambre, en particulier pour les enfants. 

Deux mots du contexte biographique. En août 1802, avec la Paix d'Amiens, Wordsworth revient en France. Sa sœur Dorothy voyage avec lui. A Calais, il retrouve celle qu'il a aimée, Annette Vallon et Caroline, 9 ans, la fille qu'il a eue avec elle et qu'il n'a jamais vue. La guerre entre la France et l'Angleterre a causé cette séparation. Wordsworth va se marier avec son amie d'enfance Mary Hutchinson, et ce voyage vient pour essayer de mettre de l'ordre dans le passé.

L'enfant qui apparaît dans le sonnet est cette fillette, Caroline, avec laquelle il marche sur la plage.

Sur le versant français (ligérien, on peut dire, car cela se passait à Blois et à Orléans) de la vie de Wordsworth, on lira l'étude d'Émile Legouis : William Wordsworth and Annette Vallon (en anglais), ancienne (Dent, 1922) mais souvent rééditée. L'exemplaire de l'Université de Californie est accessible en entier sur archive.org. C'est un vrai bonheur de le lire. On y trouve ce portrait présumé d'Annette Vallon.

Wordsworth--William--Annette-Vallon.jpgUne émission d'Owen Sheers (A poet's guide to Britain) sur la chaîne Radio 4 de la BBC en juin 2009, autour du célèbre sonnet Upon Westminster Bridge, écrit également en 1802, évoque ce voyage en France. La BBC nous propose cette image de la plage de Calais où le père et la fille ont cheminé.

BBC, Calais BeachWilliam Wordsworth reverra sa fille une dernière fois en octobre 1820. Caroline Baudouin, (c'était son nom d'épouse), était alors mère de deux petites filles. Wordsworth eut beaucoup de plaisir, nous dit Legouis, à montrer à sa petite-fille qui allait avoir 4 ans, la ménagerie du Jardin des Plantes. Elle s'appelait Louise Marie Caroline Dorothée (tous les prénoms ont leur importance).

L'auteur de ces lignes a cherché en vain le tombeau d'Annette et de Caroline au cimetière du Père Lachaise, dans la 57e division. Il essaiera encore.

 

A few lines in English, since some googling has brought you here. You are on the blog of Vouvray Public Library. Welcome to you all !

Vouvray is a village on the banks of the river Loire. More than 200 years ago, Wordsworth fell in love with a girl who lived in Blois, a town some 50 miles upstream. She was called Annette Vallon. They had a daughter, called Caroline, Wordsworth's first child. William and Annette were separated by the war between France and England. Wordsworth took the opportunity of the Peace of Amiens to travel to France, with his sister Dorothy, and met his daughter for the first time. She was 9. The poem you have read is about an evening on Calais beach and the emotion of the poet at last united with his child.

You will find all this (and more) in a book written (in English), in 1922, by a Frenchman, Emile Legouis. It is fairly easy to find it, an almost complete version (the pictures are absent) is on archive.org.

And read also the historical novel by the American author James Tipton: Annette Vallon, a novel of the French Revolution (2008). The author has a very complete web site. Read in particular his answers in the FAQ section.

The poem It is a beauteous evening… is often analysed. To start with, by James Tipton in his essay Annette Vallon and the poetry of William Wordsworth. See also the study on Spark Notes. And why don't you read the Wikipedia page?

See you!

 

BC

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 19:56

Le titre est trompeur : le reste de l'article est en français. Mais ce bilinguisme a une raison.

C'était samedi 30 juin le 20e anniversaire du jumelage entre Vouvray et Markt Randersacker.

Randersacker--vue-generale.jpgNos amis allemands (souvent musiciens, car le lendemain il y avait à Vouvray une grande rencontre musicale) sont venus nombreux à la BMV :

LiVOU-2-7574.JPGils faisaient le tour des associations de la commune pour répondre aux questions (diaboliques, of course) d'une sorte de jeu de piste. La nôtre était : "Combien y a-t-il à la Bibliothèque de bacs à roulettes pour les BD ?" L'expression "à roulettes" n'était pas discriminante : tous nos bacs sont à roulettes. En revanche il fallait penser qu'il y a des BD du côté adultes (ex. Tardi) et du côté enfants (ex. Tintin), que certaines BD n'ont pas le format habituel des BD et ressemblent extérieurement à des livres normaux, enfin que chez les enfants il faut bien distinguer BD et albums. Nos visiteurs étaient obligés d'aller à l'entrée et au fond de la bibliothèque et de se poser des questions.

LiVOU-2-7576.JPGC'est fou ce qu'on peut apprendre dans la section enfantine ; voyez comme "la petite poule rousse" (PPR pour les intimes),

LiVOU-2-7579.JPGillustrée par Bruno Heitz (2007),

Petite Poule Rouse, a, Bruno Heitza su convaincre des vertus du travail.

En traversant la bibliothèque, ils voyaient que nous avons pas mal de traductions de l'allemand ; nous avions mis les livres sur les présentoirs et les tables.

Tous recevaient un papier de bienvenue avec la gravure de Ferdinand Dubreuil qui représente le clocher de Vouvray, et le poème de Jean-Marie Laclavetine ; c'était en français, mais cette langue peut s'apprendre.

En revanche, nos Liserons étaient bilingues, même le titre de l'éditorial : Lire/Träumen/Lesen/Rêver, et ils étaient remis à nos visiteurs. A ceux qui le demandaient on donnait la plaquette (bilingue) sur Stefan Andres qui reprend des articles d'Ingo Fellrath ; certains découvraient cet auteur : les bibliothèques servent à quelque chose.

Toute la matinée de ce samedi, les visiteurs ont défilé à la Bibliothèque. L'après-midi, elle était ouverte exceptionnellement, mais c'était plus calme, d'autres activités leur étaient proposées.

Parmi nos visiteurs, il y avait aussi des personnes d'Holnon, la ville filleule de Vouvray. Tout d'un coup, les obstacles linguistiques disparaissaient. Le Maire d'Holnon s'est enquis du fonctionnement d'une bibliothèque rurale : chez eux aussi, près de  Saint Quentin, il y a une petite bibliothèque comme la nôtre…

Ce blog, après la Lorelei de Heine en français et en allemand, est devenu multilingue, vous le savez. Vous avez vu des billets en italien (Petrosinella), en français (Persinette) et en allemand (Rapunzel). Ainsi les lecteurs (et il y a de quoi lire) savent tout sur ce conte européen.

 

Pour terminer, quelques images. Une question du "jeu de piste" demandait quel était l'artiste de Randersacker invité par la "Ronde des Arts" à son salon de mars 2008. C'était Andi Schmitt, le peintre des nuages. Il faut rêver/träumen, comme disent Les Liserons :

Schmitt--Andy--Early-Morning.jpg Et puis, pour vraiment terminer, et comme nous sommes une bibliothèque (on ne nous changera pas), ces lignes de Baudelaire dans Le Spleen de Paris (1862) :

 J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... les merveilleux nuages!

 

Schmitt, Andy, zeichnung 04

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:17

 

Voici que le bluet, par la sombre luzerne

Ouvre sa colerette où luit l'azur des cieux,

Et sa clarté rayonne en le feuillage terne

Comme un regard d'amour en un coeur anxieux.

 

Ma Hiette bat des mains. Des fleurs ! Rien ne l'arrête :

Ni le buisson piquant, ni le vieux mur croulé,

Ni le faucheur debout qui regarde la fête,

Ni la peur d'un serpent à ses pieds enroulé !…

 

Sa robe a la blancheur des reines marguerites,

Et rouge est son bérêt, comme un coquelicot.

Le bouquet ne tient plus en ses mains trop petites ;

Ah ! Les pauvres bluets ont payé leur écot !

 

Elle revient vers moi, sa moisson terminée ;

La course et le grand air avivent ses couleurs…

Et la gerbe, demain sera déjà fanée !

Elle n'y pense pas, elle sourit aux fleurs.

 

Les beaux bluets qui te ravissent,

Enfant, sont bleus comme tes yeux,

Bleus comme les rayons qui glissent

Jusqu'à leur cœur, mais j'aime mieux,

 

Sous leurs cils bruns, ô petite Eve,

Brillants de joie ou pleins d'émoi,

Tes yeux bleus, bleus comme ton rêve,

Tes yeux bleus, mes bluets à moi !

 

 

Henri Trillaud

 

 

 

Le poème est publié par les Éditions "Aujourd'hui", Collection des Primaires, en 1923, dans le recueil Sur la Vonne. Il est daté juin 1919, aux Varennes. Henri Trillaud (1882-1922) était instituteur dans la Vienne. Hiette c'est bien sûr la fille de l'auteur ; elle s'appelait Henriette.

Henri-Trillaud--c.-1919.JPG

Les bleuets ou bluets se sont raréfié en raison des herbicides. On trouvera sur cette plante diverses notices, par exemple celle-ci.

LiVOU-2-6571.JPG

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 21:13

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 20:28

Une femme et son mari désirent plus que tout avoir un enfant. Ils vivent près d'un somptueux jardin, protégé par un grand mur, appartenant à une sorcière. La femme est prise d'une très forte envie de manger de la raiponce, et son mari s'introduit dans le jardin, qui en contient beaucoup, pour lui en cueillir.

Après lui avoir apporté plusieurs fois de cette plante qu'elle adore, l'homme se retrouve face à la sorcière qui règne sur le jardin. Comme la sorcière veut le punir, il lui explique la situation. Elle se montre compréhensive, lui permet de prendre autant de raiponce qu'il le peut, mais à la condition qu'il accepte de lui apporter plus tard l'enfant que sa femme lui aura donné. La sorcière promet au futur père qu'elle s'occupera bien de l'enfant. Il est forcé d'accepter.

La femme accouche d'une fille, et la sorcière apparaît pour l'emporter, lui donnant le nom de « Raiponce ». Raiponce grandit et devient une fille d'une très grande beauté, dont les longs cheveux dorés sont réunis en deux tresses longues et soyeuses.

Lorsque Raiponce atteint l'âge de douze ans, la sorcière l'enferme au sommet d'une haute tour, qui n'a ni escalier ni porte, rien qu'une petite fenêtre. Lorsque la sorcière veut entrer, elle dit à Raiponce : « Raiponce, Raiponce, lance-moi ta chevelure ». Raiponce défait alors ses nattes, les déroule à travers la fenêtre et les laisse tomber le long du mur, pour que la sorcière puisse grimper en s'y suspendant.

Un jour, un prince qui passe par là entend Raiponce chanter et est envoûté par le son de sa voix. Ne pouvant pénétrer dans la tour, il s'en approche cependant chaque jour pour l'écouter.

Voyant un jour, caché, comment la sorcière parvient à entrer dans la tour, il décide de tenter sa chance la nuit. Lorsqu'il entre enfin dans la tour, Raiponce est effrayée par l'apparition de cet inconnu, mais le prince parvient à la rassurer et lui dit qu'il est amoureux d'elle. Confiante en son amour et prête à quitter cet endroit, elle décide de partir avec lui. Elle lui demande alors d'apporter de la soie, comptant s'en servir pour pouvoir elle aussi descendre au pied de la tour.

Mais un jour, Raiponce parle accidentellement à la sorcière des visites du prince. Furieuse, la sorcière la punit en lui coupant les cheveux et en l'abandonnant dans le désert. Elle attache ensuite les cheveux coupés à la fenêtre pour tromper le prince lorsqu'il appellera Raiponce. Lorsque ce dernier escalade la tour, la sorcière lui annonce qu'il ne reverra jamais la jeune fille, puis sectionne la corde de cheveux. Le prince dégringole dans un buisson de ronces et y perd la vue (dans une autre version, le prince tombe dans un buisson de roses qui lui crèvent les yeux). Il se met à errer aveugle pendant des années, pleurant sa bien-aimée. Il finit par arriver dans le désert où vit désormais Raiponce.

Il reconnaît sa voix et s'approche d'elle. Raiponce le reconnaît aussi et vient pleurer, suspendue à son cou. Ses larmes coulent dans les yeux du prince qui recouvre aussitôt la vue. Le prince amène Raiponce dans son royaume et ils y vivent heureux, avec plus ou moins d'enfants selon les versions.

 

 

[D'après le conte Rapunzel des Frères Grimm. Voir aussi Petrosinella et Persinette.]

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 20:15

Es war einmal ein Mann und eine Frau, die hatten sich schon lange ein Kind gewünscht und nie eins bekommen, endlich aber ward die Frau guter Hoffnung. Diese Leute hatten in ihrem Hinterhaus ein kleines Fenster, daraus konnten sie in den Garten einer Fee sehen, der voll von Blumen und Kräutern stand, allerlei Art, keiner aber durfte es wagen, in den Garten hineinzugehen. Eines Tages stand die Frau an diesem Fenster und sah hinab, da erblickte sie wunderschöne Rapunzeln auf einem Beet und wurde so lüstern darnach, und wußte doch, daß sie keine davon bekommen konnte, daß sie ganz abfiel und elend wurde. Ihr Mann erschrack endlich und fragte nach der Ursache; „ach wenn ich keine von den Rapunzeln aus dem Garten hinter unserm Haus zu essen kriege, so muß ich sterben.“ Der Mann, welcher sie gar lieb hatte, dachte, es mag kosten was es will, so willst du ihr doch welche schaffen, stieg eines Abends über die hohe Mauer und stach in aller Eile eine Hand voll Rapunzeln aus, die er seiner Frau brachte. Die Frau machte sich sogleich Salat daraus, und aß sie in vollem Heißhunger auf. Sie hatten ihr aber so gut, so gut geschmeckt, daß sie den andern Tag noch dreimal soviel Lust bekam. Der Mann sah wohl, daß keine Ruh wäre, also stieg er noch einmal in den Garten, allein er erschrack gewaltig, als die Fee darin stand und ihn heftig schalt, daß er es wage in ihren Garten zu kommen und daraus zu stehlen. Er entschuldigte sich, so gut er konnte, mit der Schwangerschaft seiner Frau, und wie gefährlich es sey, ihr dann etwas abzuschlagen, endlich sprach die Fee: „ich will mich zufrieden geben und dir selbst gestatten Rapunzeln mitzunehmen, so viel du willst, wofern du mir das Kind geben wirst, womit deine Frau jetzo geht.“ In der Angst sagte der Mann alles zu, und als die Frau in Wochen kam, erschien die Fee sogleich, nannte das kleine Mädchen Rapunzel und nahm es mit sich fort.

Dieses Rapunzel wurde das schönste Kind unter der Sonne, wie es aber zwölf Jahr alt war, so schloß es die Fee in einen hohen hohen Thurm, der hatte weder Thür noch Treppe, nur bloß ganz oben war ein kleines Fensterchen. Wenn nun die Fee hinein wollte, so stand sie unten und rief:

 

„Rapunzel, Rapunzel!
laß mir dein Haar herunter.“

 

Rapunzel hatte aber prächtige Haare, fein wie gesponnen Gold, und wenn die Fee so rief, so band sie sie los, wickelte sie oben um einen Fensterhaken und dann fielen die Haare zwanzig Ellen tief hinunter und die Fee stieg daran hinauf.

Eines Tages kam nun ein junger Königssohn durch den Wald, wo der Thurm stand, sah das schöne Rapunzel oben am Fenster stehen und hörte sie mit so süßer Stimme singen, daß er sich ganz in sie verliebte. Da aber keine Thüre im Thurm war und keine Leiter so hoch reichen konnte, so gerieth er in Verzweiflung, doch ging er alle Tage in den Wald hin, bis er einstmals die Fee kommen sah, die sprach:

 

„Rapunzel, Rapunzel!
laß dein Haar herunter.“

 

Darauf sah er wohl, auf welcher Leiter man in den Thurm kommen konnte. Er hatte sich aber die Worte wohl gemerkt, die man sprechen mußte, und des andern Tages, als es dunkel war, ging er an den Thurm und sprach hinauf:

 

Rapunzel, Rapunzel,
laß dein Haar herunter!

 

da ließ sie die Haare los, und wie sie unten waren, machte er sich daran fest und wurde hinaufgezogen.

Rapunzel erschrack nun anfangs, bald aber gefiel ihr der junge König so gut, daß sie mit ihm verabredete, er solle alle Tage kommen und hinaufgezogen werden. So lebten sie lustig und in Freuden eine geraume Zeit, und die Fee kam nicht dahinter, bis eines Tages das Rapunzel anfing und zu ihr sagte: „sag’ sie mir doch Frau Gothel, meine Kleiderchen werden mir so eng und wollen nicht mehr passen.“ Ach du gottloses Kind, sprach die Fee, was muß ich von dir hören, und sie merkte gleich, wie sie betrogen wäre, und war ganz aufgebracht. Da nahm sie die schönen Haare Rapunzels, schlug sie ein paar Mal um ihre linke Hand, griff eine Scheere mit der rechten und ritsch, ritsch, waren sie abgeschnitten. Darauf verwieß sie Rapunzel in eine Wüstenei, wo es ihr sehr kümmerlich erging und sie nach Verlauf einiger Zeit Zwillinge, einen Knaben und ein Mädchen gebar.

Denselben Tag aber, wo sie Rapunzel verstoßen hatte, machte die Fee Abends die abgeschnittenen Haare oben am Haken fest, und als der Königssohn kam:

 

Rapunzel, Rapunzel,
laß dein Haar herunter!

 

so ließ sie zwar die Haare nieder, allein wie erstaunte der Prinz, als er statt seines geliebten Rapunzels die Fee oben fand. „Weißt du was, sprach die erzürnte Fee, Rapunzel ist für dich Bösewicht auf immer verloren!“

Da wurde der Königssohn ganz verzweifelnd, und stürzte sich gleich den Thurm hinab, das Leben brachte er davon, aber die beiden Augen hatte er sich ausgefallen, traurig irrte er im Wald herum, aß nichts als Gras und Wurzeln, und that nichts als weinen. Einige Jahre nachher geräth er in jene Wüstenei, wo Rapunzel kümmerlich mit ihren Kindern lebte, ihre Stimme däuchte ihm so bekannt, in demselben Augenblick erkannte sie ihn auch und fällt ihm um den Hals. Zwei von ihren Thränen fallen in seine Augen, da werden sie wieder klar, und er kann damit sehen, wie sonst.

 

 

 

Jacob und Wilhelm Grimm

Kinder- und Hausmärchen

1812

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 20:03

Deux jeunes amants s'étaient mariés ensemble après une longue poursuite de leurs amours: rien n'était égal à leur ardeur, ils vivaient contents et heureux, quand pour combler leur félicité, la jeune épouse se trouva grosse, et ce fut une grande joie dans ce petit ménage : ils souhaitaient fort un enfant, leur désir se trouvait accompli.

Il y avait dans leur voisinage une fée, qui surtout était curieuse d'avoir un beau jardin; on y voyait avec abondance de toutes sortes de fruits, de plantes et de fleurs.

En ce temps-là, le persil était fort rare dans ces contrées ; la fée en avait fait apporter des Indes, et on n'en eût su trouver dans tout le pays que dans son jardin.

La nouvelle épouse eut une grande envie d'en manger, et comme elle savait bien qu'il était malaisé de la satisfaire, parce que personne n'entrait dans ce jardin, elle tomba dans un chagrin qui la rendit même méconnaissable aux yeux de son époux. Il la tourmenta pour savoir la cause de ce changement prodigieux qui paraissait dans son esprit, aussi bien que sur son corps, et après lui avoir trop résisté, sa femme lui avoua enfin qu'elle voudrait bien manger du persil. Le mari soupira et se troubla pour une envie si malaisée à satisfaire; néanmoins, comme rien ne paraît difficile en amour, il allait jour et nuit autour des murs de ce jardin pour tâcher d'y monter, mais ils étaient d'une hauteur qui rendait la chose impossible.

Enfin, un soir, il aperçut une des portes du jardin ouverte. Il s'y glissa doucement, et il fut si heureux qu'il prit à la hâte une poignée de persil. Il ressortit comme il était entré, et porta son vol à sa femme qui le mangea avec avidité, et qui, deux jours après, se trouva plus pressée que jamais de l'envie d'en remanger encore.

Il fallait que, dans ce temps-là, le persil fût d'un goût excellent.

Le pauvre mari retourna ensuite plusieurs fois inutilement. Mais enfin sa persévérance fut récompensée, il trouva encore la porte du jardin ouverte. Il y entra, et fut bien surpris d'apercevoir la fée elle-même, qui le gronda fort de la hardiesse qu'il avait eue de venir ainsi dans un lieu dont l'entrée n'était permise à qui que ce fût. Le bonhomme confus se mit à genoux, lui demanda pardon, et lui dit que sa femme se mourait si elle ne mangeait pas un peu de persil; qu'elle était grosse, et que cette envie était bien pardonnable. «Eh bien, lui dit la fée, je vous donnerai du persil tout autant que vous en voudrez, si vous me voulez donner l'enfant dont votre femme accouchera.»

Le mari, après une courte délibération, le promit; il prit du persil autant qu'il en voulut.

Quand le temps de l'accouchement fut arrivé, la fée se rendit près de la mère, qui mit au monde une fille, à qui la fée donna le nom de Persinette; elle la reçut dans des langes de toile d'or, et lui arrosa le visage d'une eau précieuse qu'elle avait dans un vase de cristal, qui la rendit, au moment même, la plus belle créature du monde.

Après ces cérémonies de beauté, la fée prit la petite Persinette, l'emporta chez elle, et la fit élever avec tous les soins imaginables: ce fut une merveille, avant qu'elle eût atteint sa douzième année, et comme la fée connaissait sa fatalité, elle résolut de la dérober à ses destinées.

Pour cet effet, elle éleva, par le moyen de ses charmes, une tour d'argent au milieu d'une forêt. Cette mystérieuse tour n'avait point de porte pour y entrer; il y avait de grands et beaux appartements aussi éclairés que si la lumière du soleil y fût entrée, et qui recevaient le jour par le feu des escarboucles dont toutes ces chambres brillaient. Tout ce qui était nécessaire à la vie s'y trouvait splendidement; toutes les raretés étaient ramassées dans ce lieu. Persinette n'avait qu'à ouvrir les tiroirs de ses cabinets, elle les trouvait pleins des plus beaux bijoux; ses garde-robes étaient magnifiques, autant que celles des reines d'Asie; et il n'y avait pas une mode qu'elle ne fût la première à avoir. Elle était seule dans ce beau séjour, où elle n'avait rien à désirer que de la compagnie; à cela près, tous ses désirs étaient prévenus et satisfaits.

Il est inutile de dire qu'à tous ses repas, les mets les plus délicats faisaient sa nourriture; mais j'assurerai que, comme elle ne connaissait que la fée, elle ne s'ennuyait point dans sa solitude; elle lisait, elle peignait, elle jouait des instruments et s'amusait à toutes ces choses qu'une fille qui a été parfaitement élevée n'ignore point.

La fée lui ordonna de coucher au haut de la tour, où il y avait une seule fenêtre; et après l'avoir établie dans cette charmante solitude, elle descendit par la fenêtre et s'en retourna chez elle.

Persinette se divertit à cent choses différentes dès qu'elle fut seule. Quand elle n'aurait fait que fouiller dans ses cassettes, c'était une assez grande occupation; combien de gens en voudraient avoir une semblable !

La vue de la fenêtre de la tour était la plus belle vue du monde ; car on voyait la mer d'un côté, et de l'autre cette vaste forêt; ces deux objets étaient singuliers et charmants. Persinette avait la voix divine, elle se plaisait fort à chanter, et c'était souvent son divertissement, surtout aux heures qu'elle attendait la fée. Elle la venait voir fort souvent, et quand elle était au bas de la tour, elle avait accoutumé de dire: «Persinette, descendez vos cheveux que je monte.»

C'était une des grandes beautés de Persinette que ses cheveux, qui avaient trente aunes de longueur sans l'incommoder. Ils étaient blonds comme fin or, cordonnés avec des rubans de toutes couleurs; et quand elle entendait la voix de la fée, elle les détachait, les mettait en bas, et la fée montait.

Un jour que Persinette était seule à sa fenêtre, elle se mit à chanter le plus joliment du monde.

Un jeune prince chassait dans ce temps-là, il s'était écarté à la suite d'un cerf; en entendant ce chant si agréable, il s'en approcha et vit la jeune Persinette, sa beauté le toucha, sa voix le charma. Il fit vingt fois le tour de cette fatale tour, et n'y voyant point d'entrée, il pensa mourir de douleur, il avait de l'amour, il avait de l'audace, il eût voulu pouvoir escalader la tour.

Persinette, de son côté, perdit la parole quand elle vit un homme si charmant, elle le considéra longtemps tout étonnée, mais tout à coup, elle se retira de la fenêtre, croyant que ce fût quelque monstre, se souvenant d'avoir ouï dire qu'il y en avait qui tuaient par les yeux, et elle avait trouvé les regards de celui-ci très dangereux.

Le prince fut au désespoir de la voir ainsi disparaître; il s'informa aux habitations les plus voisines de ce que c'était, on lui apprit qu'une fée avait fait bâtir cette tour, et y avait enfermé une jeune fille. Il y rôdait tous les jours, enfin, il y fut tant qu'il vit arriver la fée, et entendit qu'elle disait: «Persinette, descendez vos cheveux que je monte.» Au même instant, il remarqua que cette belle personne défaisait les longues tresses de ses cheveux, et que la fée montait par eux: il fut très surpris d'une manière de rendre visite si peu ordinaire.

Le lendemain, quand il crut que l'heure était passée, que la fée avait accoutumé d'entrer dans la tour, il attendit la nuit avec beaucoup d'impatience, et s'approchant sous la fenêtre, il contrefit admirablement la voix de la fée, et dit: « Persinette, descendez vos cheveux que je monte.»

La pauvre Persinette, abusée par le son de cette voix, accourut et détacha ses beaux cheveux, le prince y monta, et quand il fut au haut, et qu'il se vit sur la fenêtre, il pensa tomber en bas, quand il remarqua de si près cette prodigieuse beauté. Néanmoins, rappelant toute son audace naturelle, il sauta dans la chambre, et se mettant aux pieds de Persinette, il lui embrassa les genoux avec une ardeur qui pouvait la persuader. Elle s'effraya d'abord, elle cria, un moment après elle trembla, et rien ne fut capable de la rassurer que quand elle sentit dans son cœur autant d'amour qu'elle en avait mis dans celui du prince. Il lui disait les plus belles choses du inonde, à quoi elle ne répondit que par un trouble qui donna de l'espérance au prince. Enfin, devenu plus hardi, il lui proposa de l'épouser sur l'heure, elle y consentit sans savoir presque ce qu'elle faisait, elle acheva de même toute la cérémonie.

Voilà le prince heureux, Persinette s'accoutume aussi à l'aimer, ils se voyaient tous les jours, et peu de temps après, elle se trouva grosse. Cet état inconnu l'inquiéta fort, le prince s'en douta, et ne lui voulut pas expliquer de peur de l'affliger. Mais la fée l'étant allée voir, ne l'eut pas si tôt considérée qu'elle connut sa maladie. «Ah! Malheureuse ! lui dit-elle, vous êtes tombée dans une grande faute; vous en serez punie, les destinées ne se peuvent éviter, et ma prévoyance a été bien vaine.» En disant cela, elle lui demanda d'un ton impérieux de lui avouer toute son aventure ; ce que la pauvre Persinette fit, les yeux tout trempés de larmes.

Après ce récit, la fée ne parut point touchée de tout l'amour dont Persinette lui racontait des traits si touchants, et la prenant par ses cheveux, elle en coupa les précieux cordons; après quoi, elle la fit descendre, et descendit aussi par la fenêtre. Quand elles furent au bas, elle s'enveloppa avec elle d'un nuage qui les porta toutes deux au bord de la mer, dans un endroit très solitaire, mais assez agréable. Il y avait des prés, des bois, un ruisseau d'eau douce, une petite hutte faite de feuillages toujours verts; et il y avait dedans un lit de jonc marin, et à côté une corbeille, dans laquelle il y avait de certains biscuits qui étaient assez bons, et qui ne finissaient point. Ce fut en cet endroit que la fée conduisit Persinette, et la laissa, après lui avoir fait des reproches qui lui parurent cent fois plus cruels que ses propres malheurs.

Ce fut en cet endroit qu'elle donna naissance à un petit prince et à une petite princesse, et ce fut en cet endroit qu'elle les nourrit, et qu'elle eut tout le temps de pleurer son infortune.

Mais la fée ne se trouva pas une vengeance assez pleine, il fallait qu'elle eût en son pouvoir le prince, et qu'elle le punît aussi. Dès qu'elle eut quitté la malheureuse Persinette, elle remonta à la tour, et se mettant à chanter du ton dont chantait Persinette, le prince, trompé par cette voix, et qui revenait pour la voir, lui redemanda ses cheveux, pour monter comme il avait accoutumé; la perfide fée les avait exprès coupés à la belle Persinette, et les lui tendant, le pauvre prince parut à la fenêtre, où il eut bien moins d'étonnement que de douleur de ne trouver pas sa maîtresse. Il la chercha des yeux, mais la fée le regardant avec colère: « Téméraire, lui dit-elle, votre crime est infini, la punition en sera terrible.» Mais lui, sans écouter des menaces qui ne regardaient que lui seul: « Où est Persinette? lui répondit-il. - Elle n'est plus pour vous», répliqua-t-elle. Lors le prince, plus agité des fureurs de sa douleur que contraint par la puissance de l'art de la fée, se précipita du haut de la tour en bas. Il devait mille fois se briser tout le corps, il tomba sans se faire autre mal que de perdre la vue.

Il fut très étonné de sentir qu'il ne voyait plus, il demeura quelque temps au pied de la tour à gémir et à prononcer cent fois le nom de Persinette.

Il marcha comme il put, en tâtonnant d'abord, ensuite ses pas furent plus assurés; il fut ainsi je ne sais combien de temps sans rencontrer qui que ce fût qui pût l'assister et le conduire; il se nourrissait des herbes et des racines qu'il rencontrait quand la faim le pressait.

Au bout de quelques années, il se trouva un jour plus pressé du souvenir de ses amours et de ses malheurs qu'à l'ordinaire, il se coucha sous un arbre, et donna toutes ses pensées aux tristes réflexions qu'il faisait. Cette occupation est cruelle à qui pense mériter un meilleur sort, mais tout à coup il sortit de sa rêverie par le son d'une voix charmante qu'il entendit. Ces premiers sons allèrent jusqu'à son cœur, ils le pénétrèrent, et y portèrent de doux mouvements, avec lesquels il y avait longtemps qu'il n'avait plus d'habitude. « Ô Dieux ! s'écria-t-il, voilà la voix de Persinette.»

Il ne se trompait pas, il était insensiblement arrivé dans son désert. Elle était assise sur la porte de sa cabane, et chantait l'histoire malheureuse de ses amours. Deux enfants qu'elle avait, plus beaux que le jour, se jouaient à quelques pas d'elle, et s'éloignant un peu, ils arrivèrent jusqu'auprès de l'arbre sous lequel le prince était couché. Ils ne l'eurent pas plus tôt vu que l'un et l'autre, se jetant à son col, l'embrassèrent mille fois, en disant à tout moment. «C'est mon père». Ils appelèrent leur mère, et firent de tels cris qu'elle accourut, ne sachant ce que ce pouvait être; jamais jusqu'à ce moment-là sa solitude n'avait été troublée par aucun accident.

Quelle fut sa surprise, et sa joie, quand elle reconnut son cher époux ! C'est ce qu'il n'est pas possible d'exprimer. Elle fit un cri perçant et s'élançant auprès de lui, son saisissement fut si sensible que, par un effet bien naturel, elle versa un torrent de larmes. Mais, O merveille ! à peine ses larmes précieuses furent-elles tombées sur les yeux du prince qu'ils reprirent incontinent toute leur lumière; il vit clair comme il faisait autrefois, et il reçut cette faveur par la tendresse de la passionnée Persinette, qu'il prit entre ses bras, et à qui il fit mille fois plus de caresses qu'il ne lui en avait jamais fait.

C'était un spectacle bien touchant de voir ce beau prince, cette charmante princesse et ces aimables enfants, dans une joie et une tendresse qui les transportaient hors d'eux-mêmes. Le reste du jour s'écoula ainsi dans ce plaisir; mais le soir étant venu, cette petite famille eut besoin d'un peu de nourriture. Le prince, croyant prendre du biscuit, il se convertit en pierre; il fut épouvanté de ce prodige, et soupira de douleur, les pauvres enfants pleurèrent, la désolée mère voulut au moins leur donner un peu d'eau, mais elle se changea en cristal.

Quelle nuit! Ils la passèrent assez mal; ils crurent cent fois qu'elle serait éternelle pour eux.

Dès que le jour parut, ils se levèrent, et résolurent de cueillir quelques herbes; mais, quoi ! elles se transformaient en crapauds, en bêtes venimeuses, les oiseaux les plus innocents devinrent des dragons, des harpies qui volaient autour d'eux, et dont la vue causait de la terreur. «C'en est donc fait, s'écria le prince; ma chère Persinette, je ne vous ai retrouvée que pour vous perdre d'une manière plus terrible. - Mourons, mon cher Prince, répondit-elle en l'embrassant tendrement, et faisons envier à nos ennemis même la douceur de notre mort.»

Leurs pauvres petits enfants étaient entre leurs bras, dans une défaillance qui les mettait à deux doigts de la mort. Qui n'aurait pas été touché de voir ainsi mourante cette déplorable famille ? Aussi se fit-il pour eux un miracle favorable. La fée fut attendrie, et rappelant dans cet instant toute la tendresse qu'elle avait sentie autrefois pour l'aimable Persinette, elle se transporta dans le lieu où ils étaient, elle parut dans un char brillant d'or et de pierreries, elle les y fit monter, se plaçant au milieu de ces amants fortunés, et mettant à leurs pieds leurs agréables enfants sur des carreaux magnifiques, elle les conduisit de la sorte jusqu'au palais du roi père du prince. Ce fut là que l'allégresse fut excessive; on reçut comme un dieu ce beau prince, que l'on croyait perdu depuis si longtemps, et il se trouva si satisfait de se voir dans le repos après avoir été si agité de l'orage que rien au monde ne fut comparable à la félicité dans laquelle il vécut avec sa parfaite épouse.

 

Tendres époux, apprenez par ceux-ci

Qu'il est avantageux d'être toujours fidèles ;

Les peines, les travaux, le plus cuisant souci,

Tout enfin se trouve adouci

Quand les ardeurs sont mutuelles :

On brave la fortune, on surmonte le sort,

Tant que deux époux sont d'accord.

 

Charlotte-Rose de Caumont La Force (Mademoiselle de La Force), 1650-1724. Le conte Persinette est paru en 1698.

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 19:53

Una donna incinta mangia il prezzemolo dell'orto di un'orca e, colta sul fatto, le promette la creatura che partorirà. Nasce Petrosinella, l'orca se la prende e la chiude in una torre. Un principe se la porta via e, con l'aiuto di tre ghiande, evitano l'orca e, portata a casa dall'innamorato, diventa principessa.

 

C'era una volta una donna gravida chiamata Pascadozia che, affacciata a una finestra che dava sul giardino di un'orca, vide una bella aiuola di prezzemolo, del quale le venne una tale voglia, che si sentì di svenire; tanto che, non potendo resistere e spiando l'uscita dell'orca, ne colse una manata. Ma, tornata a casa l'orca e volendo fare la salsa, si accorse che c'era passata una falce mariola e disse: "Mi si possa scardinare l'osso del collo se non acchiappo questo manico d'uncino e non lo faccio pentire, così che impari a mangiare nel suo tagliere e a non scucchiarare nelle pignatte altrui". Ma, continuando la povera Pascadozia a scendere nell'orto, una mattina ci fu sorpresa dall'orca che, furiosa e inviperita, le disse: "Ti ho acchiappato, ladra mariola! Forse paghi l'affitto di quest'orto, che vieni senza scrupolo a fregarti le mie erbe? Parola mia, che non ti manderò a Roma per penitenza!" La disgraziata Pascadozia cominciò a discolparsi, dicendo che non per gola o per ingordigia che avesse in corpo il diavolo l'aveva accecata a fare questo peccato, ma perché era gravida e aveva paura che la creatura nascesse con la faccia seminata di prezzemolo; anzi avrebbe dovuto esserle grata perché non le aveva mandato neppure un orzaiuolo. "Altro che parole vuole la sposa!" rispose l'orca "non mi prendi all'amo con queste tue chiacchiere! Tu hai finito di vivere, se non prometti di darmi la creatura che partorirai, maschio o femmina che sia". La povera Pascadozia, per allontanare il pericolo immediato, lo giurò con una mano sull'altra, e così l'orca la lasciò libera. Ma, venuto il tempo del parto, fece una bambina così bella, che era un gioiello, e che, poiché aveva sul petto un ciuffo di prezzemolo, la chiamò Petrosinella; la quale, crescendo ogni giorno di un palmo, quando ebbe sette anni, la mandò dalla maestra. La quale, ogni volta che andava per la strada, e incontrava l'orca, questa le diceva: "Di' a tua mamma di ricordarsi della promessa!" E tante volte ripeté questo ritornello che la povera mamma, non riuscendo più a sopportare questa musica, una volta le disse: "Se incontri la solita vecchia e ti chiede di quella maledetta promessa, tu rispondile: Prenditela!" Petrosinella, che non sapeva della promessa, incontrando l'orca e dicendole questa la solita frase, innocentemente le rispose come le aveva detto la mamma e l'orca, afferratala per i capelli, se la portò in un bosco dove non entravano mai i cavalli del Sole, per non pagare l'affitto per quei pascoli delle ombre, chiudendola in una torre, che fece sorgere con un incantesimo, senza porte, senza scale, con una sola finestrella, attraverso la quale, afferrandosi ai capelli di Petrosinella, che erano lunghi lunghi, saliva e scendeva come fa di solito il mozzo sulle sartie dell'albero. Ora avvenne che, essendo l'orca fuori da quella torre, Petrosinella aveva messo la testa fuori da quel buco e disteso le trecce al sole. Passò di lì il figlio di un principe, il quale, vedendo due bandiere d'oro, che chiamavano le anime ad arruolarsi nell'esercito dell'Amore, e ammirando dentro quelle onde preziose una faccia da sirena, che incantava i cuori, s'incapricciò fuori misura di tanta bellezza. E, inviatole un memoriale di sospiri, fu decretato che la fortezza si arrendesse alla sua grazia. E la trattativa andò così bene che principe ebbe cenni di capo in cambio di baci sulle mani, strizzatine d'occhi in cambio di riverenze, ringraziamenti in cambio di profferte, speranze in cambio di promesse e parole gentili in cambio di salamelecchi. La qual cosa continuata per più giorni, presero tanta confidenza che giunsero alla decisione di incontrarsi da vicino; la qual cosa doveva avvenire di notte (quando la Luna gioca a passera muta con le stelle) lei avrebbe dato un sonnifero all'orca e l'avrebbe tirato su con i suoi capelli. E, rimasti così d'accordo, venne l'ora stabilita e il principe arrivò alla torre, dove, fatte calare con un fischio le trecce di Petrosinella e, afferratosi e due le mani, disse: Alza! E, tirato su, si gettò per la finestrella nella camera, se ne fece un pranzetto di quel prezzemolo in salsa di Amore e, prima che il Sole insegnasse ai suoi cavalli a saltare nel cerchio dello Zodiaco, se ne scese per la stessa scala d'oro a fare i fatti suoi. E la qual cosa ripetendosi molte volte, se n'accorse una comare dell'orca, che, prendendosi il fastidio del Russo, volle mettere il muso nella merda, e disse all'orca di stare attenta, perché Petrosinella faceva l'amore con un certo giovane e sospettava che la cosa fosse andata ancora più avanti, perché vedeva il ronzio e il traffico che c'era, e dubitava che, se si faceva una retata, sarebbero state sfrattate da quella casa prima di maggio. L'orca ringraziò la comare dell'avvertimento e disse che sarebbe stato pensiero suo d'impedire la strada a Petrosinella; a parte che non era possibile che riuscisse a fuggire poiché le aveva fatto un incantesimo, che se non avesse avuto in mano tre ghiande, che erano nascoste in una trave della cucina, era un'opera persa che potesse filarsela. Ma, mentre facevano queste chiacchiere, Petrosinella, che stava con le orecchie spalancate e aveva qualche sospetto sulla comare, sentì tutto il ragionamento; e, appena la Notte stese i vestiti neri per preservarli dalle tarme, venuto come al solito il principe, lo fece salire sulle travi e, trovate le ghiande, che sapeva come usare per essere stata fatata dall'orca, fatta una scala di spago, se ne scesero giù tutti e due e cominciarono dare di calcagno verso la città. Ma, essendo visti mentre uscivano dalla comare, questa cominciò a strillare chiamando l'orca, e fu tanto lo strepito che quella si svegliò e, sentendo che Petrosinella se n'era fuggita, se ne scese per la stessa scala che era legata alla finestrella e cominciò a correre dietro agli innamorati. Li quali, appena li videro arrivare verso di loro più veloce di un cavallo imbizzarrito, si sentirono perduti, ma, ricordandosi Petrosinella delle tre ghiande, ne gettò subito una a terra, ed ecco spuntare un cane corso così terribile (oh, mamma mia!) che abbaiando con tanto di bocca aperta corse verso l'orca per farsene un boccone. Ma quella, che era più furba del diavolo, messa la mano in tasca, ne tirò fuori una pagnotta e, gettandola al cane, gli fece calare la coda e sbollire la furia.

E, tornata a correre dietro a quelli che fuggivano, Petrosinella, vistala avvicinare, gettò la seconda ghianda ed ecco uscire un feroce leone che, sbattendo la coda a terra e scuotendo la criniera, con due palmi di gola spalancata si preparava a inghiottire l'orca. E l'orca, tornando indietro, scorticò un asino che pascolava in un prato e, messasi addosso la sua pelle, corse di nuovo verso quel leone, che, credendola un asino, ebbe tanta paura che ancora fugge. Per la qual cosa, saltato questo secondo ostacolo, l'orca tornò a inseguire quei poveri giovani che, sentendo il rumore dei passi e vedendo la nuvola di polvere che s'alzava fino al cielo, capirono che l'orca arrivava di nuovo. La quale, avendo sempre il sospetto che il leone continuasse a inseguirla, non si era tolta la pelle dell'asino e, avendo Petrosinella gettato la terza ghianda, ne uscì un lupo che, senza dare tempo all'orca di trovare un nuovo espediente, se la inghiottì come fosse un asino. E gli innamorati, finalmente fuori dei guai, se ne andarono piano piano nel regno del principe, dove, con il consenso del padre, lui se la prese in moglie e provarono dopo tante tempeste di difficoltà che

un'ora di buon porto fa dimenticare cent'anni di tempeste.

 

Giovan Battista Basile

Lo Cunto de li cunti, 1634

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 11:51

Ich weiß nicht was soll es bedeuten,
Dass ich so traurig bin;
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fließt der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar;
Ihr goldenes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar.

Sie kämmt es mit goldenem Kamme
Und singt ein Lied dabei;
Das hat eine wundersame,
Gewaltige Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh.

Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn;
Und das hat mit ihrem Singen
die Lorelei getan.

 

Heinrich Heine

Lorelei, Heinrich Heine, 1829

J’ignore d’où me vient, soudaine,
Cette tristesse qui m’envahit
Un conte, une vieille rengaine
Ne veut plus quitter mon esprit.

 

L’air est frais dans le soir qui tombe
Et le Rhin coule si tranquille
Le sommet de la montagne sombre
Le soleil couchant l'illumine.

 

La plus belle jeune fille est assise
Tout là-haut, merveilleuse,
Sa parure d’or scintille
Elle peigne ses cheveux d’or, heureuse.

 

Elle les coiffe d’un peigne d’or
En s’accompagnant de son chant
Et sa mélodie, son trésor,
Nous plonge dans un doux tourment.

 

Le marin, dans son frêle esquif,
Sent son cœur saisi de langueur
Et n’aperçoit plus les récifs
Les yeux levés vers les hauteurs.

 

Je crois bien qu’à la fin les vagues
Engloutissent marin et barque
Et le sort, cette grande lame,
C'est le chant de la Lorelei.

 

 

(Essai de traduction de Martin Greslou, cité par Wikipédia. Peut être chanté sur l'air de Dans l'eau de la claire fontaine, de Brassens.)

 

Le poème, écrit par Heine en 1824, a été mis en musique en 1837 par Friedrich Silcher et ce chant est célèbre en Allemagne. En cliquant ici on en écoutera la très belle interprétation par Richard Tauber (enregistrement fait à Londres, en 1939). Et en cliquant , par le ténor Peter Seiffert en 2011, et même par Mireille Matthieu en cliquant ici.

Sur Heine lisez la notice en français dans Wikipédia, ou celle en allemand dans la même encyclopédie, tout à fait remarquable.

Voyez ici la notice sur le rocher de la Lorelei ; on y trouvera diverses traductions en français du poème.

Voici une photo ancienne du rocher.

Lorelei, le rocher, vue ancienne

Elle provient du livre John Lawson Stoddard's Lectures (Volume 13), édité en 1912 chez George L. Shuman & Co.

Voyez les nombreuses représentations de la légende. En voici une image traditionnelle, souvent reproduite depuis la fin du 19e siècle.

Lorelei--Hoffmann.jpg

 

Et le poème d'Apollinaire ? Il suit la légende écrite en 1801 par Clemens Brentano dans sa ballade Zu Bacharach am Rheine. Le voici ; on le trouve dans Alcools, (Rhénanes), poème écrit en 1902 et publié en 1904.

 

A Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

O belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes Ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Va t'en Lore en folie va Lore aux yeux tremblants
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là-bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 09:46

 

Une réunion du CA de l'Association Lire à Vouvray s'est tenue mardi soir. Les membres du CA étaient bien informés de la réunion Mairie-ALV du 21 mai dernier, par le compte-rendu détaillé qui avait été envoyé à tous les adhérents de l'ALV. Il s'agissait de réfléchir à la difficile question du local, le n°5 étant bien trop petit, c'est connu. S'y ajoutait la question de notre informatique qui s'essoufle et aussi un débat sur le projet de manifestation culturelle proposé par l'OCIV.

Les participants étaient tièdes pour le projet de l'OCIV et il a été décidé de demander aux autres bibliothèques de la CCV ce qu'elles comptent faire pour l'occasion.

L'informatique tient le coup encore un peu, mais nous joue des tours. Il a été décidé de le signaler à la Mairie pour voir ce qui peut être fait.

Pour le local, son amélioration ne dépend pas de nous ALV, et dans quelques temps une lettre demandera à la Mairie quelles sont ses intentions.

La réunion avait suivi une autre réunion, celle des permanences. Climat sympathique dedans. Dehors – c'est l'été n'est-ce-pas ? – climat mouillé et orageux.

La bibliothèque se fait belle pour la venue des gens de Randersacker dans une dizaine de jours. Il y a des tas de livres partout… La brochure sur Stefan Andres est terminée et un exemplaire n° 0 a été montré aux membres du CA. L'édito des Liserons a été révisé par ceux qui le souhaitaient.

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