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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 09:15

Septembre attaché au figuier
On tournait le dos à l’été ramasseur de noix vides
Siffleur de jeunes abeilles
Les derniers feux de la saint-jean enfumaient les lampes insomniaques
Les encriers

Suspendus à la ceinture du père
On courait moins vite que le paysage
Le chemin risquait d’arriver sans nous à la maison
se lover dans nos lits
renverser l’écuelle du chat
manger les graines jaunes du canari

Mais le père se disait plus long que le chemin
Plus fort que le train
Des épaules de loup au long cours
Des bras hauts comme des madriers
Le père trayait la forêt le fleuve entre chien et crépuscule
fendait d’un coup de hache le froid récalcitrant

Une forge dans sa poitrine le père abritait le feu

Seule l’odeur blanche de la neige le calmait
Ses coulées sur nos murs avaient la douceur du ventre de l’alouette
La compassion des pierres du cimetière

 

 

Vénus Khoury-Ghata

 

Venus-Khoury-Ghata--L-Orient-le-jour.jpeg

 

 Vous trouverez sur le site du Printemps des Poètes une notice sur Vénus Khoury-Ghata, poète libanaise de langue française.

C'est à ce site que nous empruntons le texte que vous venez de lire. Il y est paru cette année, parmi les poèmes sur "Enfances", thème du Printemps des Poètes.

Sur le site d'Encres Vagabondes, vous lirez un entretien sur les romans de Vénus Khoury-Ghata. Au sujet de la poésie, voyez ce qu'elle dit sur RFI,  et regardez cette vidéo, où elle explique comment elle conçoit le travail du poète.

 

Venus-Khoury-Ghata--figuier-b.jpg 

 

 

 [Merci pour les photos à L'Orient-Le Jour et à Roger Boudy.]

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