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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 09:10

Pour ce jeudi, jour de poésie – vive jeudi – nous avions prévu pour le blog de mettre en ligne un poème de René de Obaldia, extrait d'Innocentines, You spique angliche.

Normal. Les billets poétiques ont quelquefois parlé anglais récemment, Wordsworth, Herrick, et ce n'est pas fini.

Il semblait logique de publier un poème qui se moque gentiment de la langue de Chèquespire (comme dit Obaldia). Un instant on a pensé au Prévert du Mer Sea (voyez ici Chant Song), mais le texte nous a paru finalement trop grave pour cette rentrée.

C'était donc Obaldia, auteur de théâtre certes, mais aussi poète.

René de Obaldia, Wiki

Nos lecteurs connaissent ses Innocentines : ce livre se trouve à la BMV et peut être emprunté.

Pour mettre You spique angliche sur le blog, nous avons voulu jouer le jeu juridique et en obtenir la permission. Nous supposons, sans pouvoir le prouver, que d'autres blogs utilisent ce texte (et bien d'autres textes) sans rien demander à x ou à y. Un peu de Google vous le montrera. Pour obtenir cette permission, nous avons d'abord envoyé fin mai, une lettre à Grasset, éditeur de René de Obaldia. Pas de réponse. A partir du 14 juillet, avant de prendre des vacances, la Bibliothèque a récidivé par courriel. A suivi un échange abondant et quelquefois surréel. Du temps a passé. Finalement, le 31 août, une autorisation est venue de l'éditeur. Sans payer de droits, nous pouvons citer le poème You spique angliche. Merci beaucoup. Mais ce n'est que pour un an, et il faudra demander un renouvellement. C'est plus difficile : dans un an, si le blog existe encore (ce que j'espère), ce sera avec un autre rédacteur. Il oubliera peut-être de demander un renouvellement, ou il oubliera de transmettre la consigne ; c'est humain. Le Rédacteur actuel ne veut pas faire ce cadeau à ses successeurs. Donc changement.

La Bibliothèque de Vouvray rend quand même hommage à René de Obaldia. D'abord vous pouvez lire sur Internet le poème You spique angliche en cliquant ici. Vous en trouverez un extrait substantiel qu'apprennent les enfants des écoles en cliquant . En surfant un peu, vous trouverez d'autres pages qui parlent d'Obaldia et de sa poésie. Nous vous recommandons celle-ci, avec le fameux "geai gélatineux geignant dans les jasmins", où un certain type de prof en prend pour son grade.

Le site de l'Express (ici) propose un entretien du 22 septembre 2011. Ne manquez pas la photo.

 

Mais vous aurez quand même un texte complet. Le site du Printemps des Poètes propose, dans sa section "Passeurs de poèmes", des textes "libres de droits, utilisables à but non lucratif", ce qui est notre cas.

Nous y trouvons un texte de René de Obaldia, nommé poème, mais qui ressemble beaucoup à une scène de théâtre. Voici ce texte. Il est daté de 2008. C'est une merveille !

 

 

 

Happening

 

Les portes du théâtre viennent de se refermer. Salle comble. Le rideau se lève.
Un lit à baldaquin occupe toute la scène. Enfouis sous les couvertures, Oscar et sa femme. Un temps assez long. Oscar, subrepticement, sort du lit ; il se laisse glisser sur le sol, enfile ses pantoufles, resserre les cordons de son pyjama. Sa femme qui n’est pas dupe de son manège se dresse brusquement, et d’une voix de crécelle :
- Où vas-tu, Oscar?
- M’asseoir avec les spectateurs.
- T’asseoir avec les spectateurs !
- J’en ai assez de ta peau, tu comprends ? Assez de ta peau.
- J’en changerai, mon amour, ne me quitte pas, j’en changerai.
OSCAR, entre ses dents. – Facile à dire !
- Je t’en supplie ; après toutes ces années passées côte à côte, tous ces couchers de soleil contemplés ensemble… Oscar, pour l’amour de notre amour…
Oscar ne veut pas l’entendre. Il s’avance sur la scène, s’apprête à gagner la salle. Voici que des coulisses surgit un homme d’une cinquantaine d’années, chauve, exaspéré : c’est le Directeur du théâtre.
LE DIRECTEUR. – Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?... Rien à voir avec la pièce, ce que tu fais là.
OSCAR. – Rien.
LE DIRECTEUR. - Tu te fous de ma gueule, non ?
OSCAR. – Oui.
Le Directeur, plus chauve que jamais, sort alors un revolver de sa poche et tire trois coups de feu sur Oscar. Blessé à mort, celui-ci tombe à jamais dans le trou du souffleur. Sa femme retape son oreiller, s’assied confortablement, et avec jubilation :
- Pas trop tôt…Quel mufle !

Les spectateurs vocifèrent.

RIDEAU

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commentaires

Emmanuelle 21/09/2012 03:04

Alone
Qui se prononce comme Sables-d'Olonne

Ahem... Choke... Choke... Choc :)