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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 23:04

 

Lorsque nous sommes arrivés place Balzac, il y avait un arbre devant la bibliothèque, à 2 m ou 3 m à tout casser, de la porte d'entrée. Nous l'avons utilisé, au moins à deux reprises, pour célébrer la poésie. Pour le "Printemps des Poètes" (et le printemps tout court) à la mi-mars, c'est devenu notre "arbres à poèmes". Nous y avons accroché des papiers de toutes les couleurs avec les noms des poètes sur nos étagères (ou bientôt sur nos étagères), et quelques mots des poèmes qui nous venaient aux lèvres. Il y avait aussi des serpentins (de récupération) qui flottaient.

L'installation se faisait quelquefois avec difficulté. On ne pouvait pas bien tourner autour de l'arbre avec notre escabeau : une voiture en stationnement gênait, une grille au pied de l'arbre aussi, et surtout le sol, bien que carrelé, était très irrégulier, boursouflé qu'il était par les racines de l'arbre. C'est là un des problèmes qui a "justifié" son départ.

Les lecteurs regardaient cet arbre, certains lisaient un nom d'écrivain. A l'intérieur de la BMV, nous avions des textes de toutes les couleurs, disponibles pour tous, trouvés sur le site Internet du "Printemps des Poètes" (libres de droits). Et aussi nos étagères, riches en textes poétiques du côté "enfants" et aussi du côté "adultes". Ces livres sont peu lus. La poésie, dans ce pays, c'est comme ça ! Certains y verraient un encouragement au "désherbage", comportement vandale s'il en est. Ces livres sont lus cependant, et c'est notre joie. Nos lecteurs le savent bien qui trouvent toujours un poème sur la première page de notre bulletin-papier "Les Liserons".

Pour le printemps, l'arbre avait peu de feuilles et les poèmes étaient lisibles dans les branches. Puis il fallait les enlever car les feuilles, il y en avait plein, et bientôt des fruits. Les plus nuls en botanique comprenaient alors que c'était un cerisier. Les enfants du quartier l'avaient vu tout de suite et essayaient d'attraper les fruits. Le sol en était tout taché : c'était un autre problème et cela ne plaisait pas.

La place Balzac (Honoré de) avait été créée de toutes pièces au milieu des HLM. Le Maire de Vouvray, Gaston Huet, lui a donné ce nom. Il en parle dans le TOME XI (1998) des Mémoires de l'Académie de Touraine. Les arbres avaient alors été plantés en connaissance de cause. (Les Vouvrillons se souviennent qu'il y avait une fontaine, sans eau, au centre de la place ; elle a disparu, les voitures déshonorant sans arrêt les piliers et la chaîne qui l'entouraient.) Ce cerisier a déplu : ses racines gonflées nuisaient à la régularité du sol, ses fruits trop rouges en gâtaient la "beauté". Début octobre les "bûcherons" n'ont pas arrêté leur bras et l'ont (facilement) abattu. Voici ce qu'on peut voir ces jours-ci :

IMG_3584.JPG

Nous pourrions élever une stèle commémorative en souvenir du défunt arbre à poèmes. Nous ne le ferons pas. Ni chrysanthème pour ce Jour des morts.

Des vers reviennent (tant pis si certains font la moue), par exemple ceux de Minou Drouet qui publiait en 1956 :

arbre mon ami

mon pareil à moi

si lourd sous la pluie

sous les doigts du vent

qui te feuillettent

comme un conte de fée

Il y a quelques années, Jean-Marie Laclavetine écrivait sur notre demande, pour la commune, un poème sur les couleurs de Vouvray au fil des saisons (voyez dans ce blog, le billet "Vouvray, un poème" du 25 août 2009). Notre cerisier n'évoquait que de très loin le vert cymbale des frondaisons de Laclavetine.

Pour nous, à la BMV, la poésie n'est pas (c'est le cas de le dire) la cerise sur le gâteau, ornement superflu dont on peut se passer. Nous pensons qu'on ne peut pas vivre sans elle, même si un arbre est mort.

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