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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 17:26

Vous connaissez, pour l'avoir vu sur une affiche, le logo/symbole des Mille Lectures d'Hiver : c'est une chaise. L'objet est différent selon les éditions des MLH. En 2011-2012, c'est la 6e, qui se termine dans quelques jours. Depuis le début, nous recevons une fois ou deux fois ces lectures à la Bibliothèque de Vouvray. Et ce logo, nous le devons à Philippe R. Berthommier.

L'objet de ce billet est plutôt de parler de peinture ; deux mots cependant sur les lectures elles-mêmes. Dans ce blog, vous saurez trouver ce que nous en avons dit. Pour cette édition, on peut cliquer ici ou . Sur les principes généraux, écoutez Michèle Fontaine, de Livre au Centre, en parler dans une vidéo, en cliquant ici.

Depuis la sage et rétro chaise de cuisine en formica apparue pour la 1ère édition en octobre 2006

MLH--1ere--2006-07--logo.JPG

jusqu'au mystérieux objet photographié à l'automne 2011 :

MLH--6eme--2011-12--logo.jpg

le logo nous interpelle. Les Mille Lectures d'Hiver, on écoute, on révère…. Vous croyez que c'est ainsi ? La littérature, ce superflu magnifique, comme une cerise sur le gâteau ? Bien sage comme la chaise de style de la 2ème édition en 2007 ?

MLH--2eme--2007-08--logo.JPG

Les lectures sont suivies de "discussions autour du verre de l'amitié" comme le répètent, jusqu'à plus soif (ah ! ah !) les commentaires sans imagination. Non, ce n'est pas exactement comme ça.

Philippe Berthommier a bien vu que le texte fait son chemin en nous bien avant, et que les réactions des auditeurs n'attendent pas ledit verre. C'est aussi la liberté que nous découvrons avec ces livres, qu'un comédien s'est approprié avec passion et sur lesquels les auditeurs réagissent avec passion. Avec des questions dans tous les sens qui dérangent l'assise sage, comme dans ce logo de 2009

MLH, 4ème, 2009-10, logo

qui lance ses pousses dans plusieurs directions : ce n'est plus l'hiver, c'est déjà le printemps, ça germe, ça nous emmène loin.

On voit bien que c'est vers un territoire que nous allons. Il est intéressant de voir que la chaise de la troisième édition,

MLH--3eme--2008-09--logo.JPG

dès l'automne 2008, et celle de la cinquième

MLH--5eme--2010-11--logo-b.jpg

à la rentrée 2010, veulent partir vers d'autres directions, avec des ombres qui fuient et des lignes impatientes. Toutes ces chaises nous donnent de petits aperçus du cheminement dans un univers de lignes et de couleurs. Il se révèle quand nous regardons les toiles de Philippe Berthommier :

Berthommier, galerie, c

Cet univers a des couleurs qui éclatent de luminosité, et par l'utilisation des oranges et des ocres, c'est devant une terre recréée que nous sommes. On est sensible à la présence de ces matières riches. Les lignes donnent des directions, on voit des carrefours, on a envie de suivre un chemin. Comme ces toiles aborigènes des déserts du centre de l'Australie, à Yuendumu et ailleurs. Elles racontent une histoire et renvoient à des vallées, des collines où se sont produits dans le rêve des événements fabuleux ou de la vie de chaque jour. Dans ces toiles, ni abstraites ni figuratives, mais à la fois abstraites et figuratives, montrant le désert du centre ou le monde de Berthommier, c'est en fait dans l'univers du rêve que nous sommes.

Vous verrez d'autres toiles de Philippe Berthommier en allant sur le site de la Galerie Patrick Gaultier à Quimper.

Ce peintre vendômois a voyagé. Il y a eu une résidence au Maroc, une autre à Odessa, en Ukraine.

Berthommier--Odessa.JPG

Dans les pages Internet qui lui sont consacrées, vous verrez des vidéos fort bruyantes, mais outre la jolie traductrice, on voit des tableaux. C'est un voyage que Philippe Berthommier avait préparé. Une photo nous le montre

Berthommier, Odessa, préparation de l'expo

couché à côté de la toile, avec devant lui, autour de lui, les chemins qu'il faudra suivre. Merci à Artconcepts pour ces documents.

Si ce billet a su vous intéresser à l'art de Philippe Berthommier, ne manquez pas la vidéo de 15 minutes où on voit l'artiste dans son atelier (en décembre 2005). Il explique sa démarche, son utilisation des grands formats, et ce travail au sol. Il montre la fonction des juxtapositions et l'enrichissement qu'apportent les éléments hétérogènes des tableaux découpés. Cette vidéo est d'une grande beauté et d'un pouvoir poétique certain. Le peintre apparaît, disparaît ; nous sommes au cœur des mystères de l'atelier. Un chat blanc taché de noir traverse, une enfant passe.

 

Les Mille Lectures d'Hiver nous ont donné les chaises.

Nous avons écouté les mots, relu les livres.

Un banal objet sur une étagère ; ce n'est qu'un livre.

Les MLH nous montrent qu'il faut aller au-delà, oui, entrer dans un territoire.

La peinture de Philippe Berthommier a le même pouvoir.

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