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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 15:44

La dernière mélodie écrite par Charles Bordes, en juin 1908, c'est Paysage majeur, titre d'un poème de Louis Payen. Nous ne sommes pas surpris d'y lire l'éloge d'un soleil fort qui apporte la vie et l'énergie à ceux qui en ont besoin.

 

Mais je m'offre au soleil ardent car j'ai voulu

Qu'un lumineux baiser descendit dans mes veines.

Charles Bordes, malade, vivait à Montpellier depuis novembre 1905 et il y trouvait cette chaleur dont son corps avait besoin. L'écrivain Louis Payen, de son vrai nom Albert Liénard, est bien oublié aujourd'hui. Il est né à Alès en 1875. Il collabore à diverses revues, comme La coupe de Montpellier, entre 1895 et 1898, où il prend son nom d'écrivain, et à Paris Messidor, La revue dorée, le Mercure de France ou L'Ermitage.

On lui doit (liste non exhaustive) des poèmes : A l'ombre du portique (1900), Persée (1901), Les voiles blanches (1905), Le collier des heures (1913), La coupe d'ombre (1925); des romans : La souillure (1905), L'autre femme (1907) ; du théâtre : L'amour vole (1904), La tentation de l'Abbé Jean (1907), Les amants de Ferrare (1922), La Princesse d'amour (1923), L'Imperia (1928). Il écrit plusieurs drames lyriques pour Henry Février, Camille Boucoiran ou surtout Massenet, comme Cléopâtre en 1914 avec ce dernier, en collaboration avec Henri Cain. Il est connu comme librettiste. Dans les années 20, il est secrétaire général de la Comédie française où il organise des matinées littéraires et fait dire de la poésie. Il meurt à Epinay en 1927.

 

Pour terminer, voici des extraits de son poème La vie est devant moi, publié dans le numéro d'octobre 1903 de la revue L'Ermitage.

 

La vie est devant moi comme un jardin ouvert,

 avec ses fleurs, avec ses fruits, ses parfums lourds,

 ses bassins lumineux où frémit un flot vert,

 ses nuages furtifs dont l'indécis contour

 érige dans l'azur la nacelle des rêves,

 avec ses frais taillis où s'assied l'ombre brêve

 

C'est un carpe diem pour ce début du 20e siècle :

 

Je veux mordre tes fruits, vie ardente et légère ;

que leurs sucs bienfaisants nourissent mes plaisirs !

 

On ne trouvera pas les œuvres de Louis Payen sur les rayons de la BMV. Ce blog lui a redonné vie un instant.

 

 

 

 

 

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