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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 19:25

Oui, c'est encore de "l'arbre aux quarante écus" que nous allons parler. Voyez le célèbre poème où Goethe (en 1815) s'interroge sur la complexité de l'être humain, "à la fois un et double" (ich Eins un doppelt bin). Vous le trouverez en cliquant ici, dans sa version originale et dans la traduction française de Henri Lichtenberger. Et en voici le manuscrit avec deux feuilles de l'arbre de Heidelberg qui a inspiré le poète :

 

Le-Ginkgo-de-Goethe.jpg

 

Nous proposons à nos lecteurs qui comprennent l'allemand et d'abord à ceux de Randersacker (la commune sœur de Vouvray) le poème de Peter Härtling (né en 1933) qui donne son titre à ce billet :

 

Wenn ich hinaus geh

vor die Tür,

geh

und den seltenen Baum -

daß ich Eins und

doppelt bin -,

den ich vor Jahren

gepflanzt habe,

betrachte,

den Gingko

(bei Sabine L. las ich,

er werde New York überdauern,

diese Stadt),

dann frage ich mich

oder frage ihn :

Baum, warum hältst du

den Frühling hinaus ?

Baum,

warum

überläßt du

den Sommer andern ?

Baum,

warum überwinterst

du

leichter als ich

und nimmst mein

Gedicht vorweg.

Du bist

schlau,

Baum.

 

Et comme il n'y a pas de jumelage sans traduction, voici celle de Claude Perthuis :

 

Quand je sors,

quand je vais

devant la porte

et que je regarde cet arbre rare -

que je suis Un et

double -

planté par moi,

il y a des années,

le gingko

(chez Sabine L. j'ai lu

qu'il survivra à New York,

cette ville),

alors je me demande

ou je lui demande :

arbre,

pourquoi tiens-tu

le printemps à l'extérieur ?

arbre,

pourquoi laisses-tu l'été à d'autres ?

arbre,

pourquoi hivernes

tu

plus facilement que moi

et anticipes-tu

mon poème ?

Tu es rusé,

arbre.

 

Lecteurs de ce blog, avez-vous aimé ?

Le rêve doré se prolonge.

 

BC

 

 

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