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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 09:16

Die Loire ist einfach Glück. Sie ist ein stilles und doch unbändiges Wasser. Lange Strecken liegt sie wie eine träge Schöne in einem nachlässig gemachten Bett und gibt sich, nachdem sie mit den Königen hurte, den stillen Anglern hin. Auf ihren Sandbänken, auf ihren Inseln können Götter wohnen. Ihre Farbe ist der rote Mohn, ist die Kornblume, ist die Lupine. Wie Läufer begleiten die Blumen den Fluß. Man könnte auch sagen, daß die Loire der französische Sommer ist. Sie braucht Sonne. Wenn der Himmel bedeckt ist, erinnert man sich der Geschichte, die ihre Dunkelheit, ihre bösen, ihre blutroten Flecken hat. Die gelobten, die berühmten Schlosser dienten – mit Ausnahmen – der Lust und nicht der Angst, wenn man auch Angst einjagen mußte, um so viel Lust genießen zu können. Nun strömen Neid und Bewunderung und der unstete Stumpfsinn zu den Gelblich-weißen oder roten Steinen und den hohen Dächern aus schwarzem Schiefer, und die wenigsten erkennen, daß sie die Schlösser der Monde fabuleux sehen, die Geisterburgen der Märchenkönige, der guten und der bösen Feen, der verwunschenen Prinzessinnen und des Ritters Blaubart.

 

Wolfgang Koeppen
Reisen nach Frankreich
(1961)

 

 


La Loire, c'est du bonheur, tout simplement. C'est une eau tranquille et cependant turbulente. A perte de vue, elle repose comme une belle indolente dans un lit fait négligemment et, après avoir forniqué avec les rois, elle se donne aux paisibles pêcheurs à la ligne. Ses bancs de sable, ses îles sont des demeures dignes des dieux. Sa couleur, c'est le coquelicot, c'est le bleuet, c'est le lupin. Tels des tapis que l'on déroule, les fleurs accompagnent le fleuve. On pourrait dire aussi que la Loire, c'est l'été français. Le soleil lui est indispensable. Quand le ciel est couvert, l'histoire remonte à la mémoire avec ses zones d'ombre, ses cruelles et sanglantes meurtrissures. Les illustres châteaux dont on chante les louanges étaient – sauf exceptions – au service du plaisir et non de la peur, même s'il fallait inspirer de la peur pour pouvoir jouir de tant de plaisir. Maintenant ce sont l'envie et l'admiration et l'inconstante stupidité qui affluent vers les pierres blanc jaunâtre ou rouges et les hauts toits d'ardoise sombre, et rares sont ceux qui se rendent compte qu'ils voient les châteaux du monde fabuleux, les châteaux forts fantômes des princes charmants, des bonnes et des méchantes fées, des princesses ensorcelées et du chevalier Barbe-Bleue.

 

Wolfgang Koeppen

Voyages en France

(1961)

Traduction Claude Perthuis, avril 2007.

 

Textes parus dans Les Liserons, n°15, mai 2007. Lisez en allemand la notice dans Wikipedia et voyez le site du Wolfgang Koeppen Stiftung.

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